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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Constantin, Louis-Alexis (dit Constantin fils)
Article mis en ligne le 25 décembre 2017

par Sosnowski, Jean-Claude

Né le 7 fructidor an VIII (25 août 1800) à Chalon-sur-Saône. Décédé le 4 avril 1874 à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire). Propriétaire. Maire de Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire) à plusieurs reprises au cours de la monarchie de Juillet, de la Seconde République, à la fin du Second Empire et au cours la Troisième République. Actionnaire de la Société du 15 juin 1840 « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier ».

Il est le fils d’un propriétaire de Chalon-sur-Saône, Claude Constantin, fabricant de sucre de betterave à Ciel (Saône et-Loire) dont il est maire de 1823 à 1837 [1], et de Philiberte Jeanne Marie Bernard. Propriétaire (dit cultivateur lors du recensement de 1851), Louis-Alexis Constantin est marié à Anne Moreau de treize ans sa cadette. Une première fille Étiennette Élisabeth naît le 27 juillet 1835. En 1836, lors du recensement, quatre domestiques sont au service de la famille. En 1841, la famille, qui s’est agrandie d’une fille Aglaé née le 8 octobre 1839, est domiciliée rue de Verjux. Un domestique, une femme de chambre et une cuisinière sont employés par le couple. La famille y est encore recensée dans les années qui suivent [2] avec jusqu’à cinq domestiques en 1861. Élisabeth a alors épousé le notaire Antoine Lalouet et réside dans le voisinage avec sa propre famille.
Louis-Alexis Constantin est maire de Verdun-sur-le-Doubs à plusieurs reprises sous la monarchie de Juillet, puis sous la Seconde République (de juillet 1834 à juillet 1836, d’octobre 1843 à décembre 1851 [3]). Il est conseiller général du canton de Saint-Martin-en-Bresse de novembre 1834 à 1836. Il obtient 68 voix sur 92 votants (pour 148 inscrits). En août 1848, il est candidat au conseil général dans le canton de Verdun-sur-le-Doubs. Il n’obtient que 172 voix sur 1150 votants (et 4653 inscrits) contre 974 pour J.-B. Graillet-Bobet.
Le coup d’État du 2 décembre 1851 met fin à son mandat de premier édile de la commune de Verdun-sur-le-Doubs ; mais il est de nouveau nommé à cette fonction par décret impérial du début de l’année 1870 ; son mandat ne résiste pas à la chute de l’Empire. Cependant, en février 1874, il retrouve très brièvement la fonction. Constantin est également conseiller d’arrondissement. Il est aussi, selon son acte de décès, président de la Société de secours mutuels et du Syndicat des digues de la Saône et des Cosnes.

« Constantin fils » de « Verdun-sur-Saône » est inscrit en 1837-1838 sur une liste des abonnés à La Phalange « qui ont droit aux gravures de Chartres » [4] réalisées par César Daly. Il est encore abonné en novembre 1840 [5]. Il est actionnaire de la Société du 15 juin 1840 « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier ». Au 15 mai 1843, avant que la société soit scindée en deux entités, la seconde devenant la « Société pour la transformation de La Phalange en journal quotidien », Constantin détient deux actions pour mille francs réglés.
Il rencontre Cantagrel à Chalon-sur-Saône à l’automne 1844 lors du parcours de ce dernier en province afin de structurer l’École sociétaire et de sauver La Démocratie pacifique qui connaît de lourdes difficultés financières. Constantin et ses condisciples Chabert de Verdun-sur-le-Doubs et Harmand de Louhans « sont d’avis qu’il faut que le journal soit maintenu, et feront ce qu’il faudra » [6] note Cantagrel.
Constantin préside le banquet anniversaire de la naissance de Fourier, le 7 avril 1847, dans les locaux de la loge maçonnique Les Vrais Zélés de Châlon-sur-Saône, loge bourgeoise mais la plus républicaine de la ville. Devant une soixantaine de partisans ou sympathisants, il porte un toast :

A Charles Fourier ! Au grand génie qui a découvert, avec les lois de l’unité universelle, les moyens de réaliser le bonheur et la fraternité sur la terre !
Comme la vie de tous les grands bienfaiteurs de l’humanité, sa vie fut un long martyre. Mais voici qu’enfin son esprit commence à pénétrer ce monde qu’il doit régénérer, voici que le jour approche où son nom, naguère l’objet des railleries et de dédains [sic] de la foule, sera universellement béni et glorifié ! …
Au génie de Fourier ! Au bonheur de l’humanité ! [7]