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Epistémologie des théories de la science sociale
Association et communauté dans l’organicisme du premier XIXe siècle

Loïc Rignol  |  2004 / n° 15 |  décembre 2004



Résumé

La conception organiciste de la société, projetée par la Science sociale, se trouve en butte à de nombreuses attaques, dont celle de Pierre Leroux se veut la plus emblématique. Pour en mesurer la portée, un retour sur les assises épistémologiques de ce socialisme scientifique se révèle nécessaire. La Science sociale, entendue comme Science de l’Association, ne peut, par sa définition même, se poser comme une science de la société existante : la Civilisation. Elle entend au contraire puiser dans l’étude de l’ordre universel les principes d’une organisation naturelle. Celle-ci doit suivre les deux grandes lois animant le système du monde : l’Attraction et la Série, permettant ainsi à chacun d’accomplir sa destinée dans un milieu social pensé comme un espace permanent de circulation, c’est-à-dire un organisme. L’homme total devient le moyen et la fin de la totalité sociale. Le Phalanstère offre la forme architecturale adaptée à cette éclosion. Cette théorie de la Science sociale se répand au-delà des cercles de l’École sociétaire, chez les communistes et les anarchistes notamment. L’opposition entre les partisans de l’Association et ceux de la Communauté naît de cette matrice scientifique commune : la théorie de la Fonction sociale autorise l’édification d’une société hiérarchique, adoptée par les premiers, ou égalitaire, défendue par les seconds. Malgré les funestes oracles de Pierre Leroux, la Liberté, l’Égalité et la Fraternité peuvent ainsi se réaliser en prenant vie dans le corps social qui les rend possibles.

La seconde partie de cet article est publié dans les Cahiers Charles Fourier, n° 16, décembre 2005.

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Index

Notions : Analogie - Association - Passions - Phalanstère - Sciences - Sociologie

Personnes : Déjacque, Joseph - Dezamy, Théodore - Leroux, Pierre

Pour citer ce document

RIGNOL Loïc , « Epistémologie des théories de la science sociale. Association et communauté dans l’organicisme du premier XIXe siècle  », Cahiers Charles Fourier , 2004 / n° 15 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article275 (consulté le 21 avril 2019).


Loïc Rignol

Loïc RIGNOL est docteur en histoire. Il a soutenu en 2003 une thèse sur Les Hiéroglyphes de la Nature. Science de l’homme et Science sociale dans la pensée socialiste en France. 1830-1851, dans laquelle il élabore une épistémologie du premier socialisme français. Il a collaboré récemment au Dictionnaire historique et critique du racisme, à paraître en 2009 aux PUF, sous la direction de P.-A. Taguieff.


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