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Les défricheurs, des expérimentateurs ?
Eric Dupin, Les défricheurs : voyage dans la France qui innove vraiment, Paris, La Découverte, 2014

Chantal Guillaume  |  2015 / n° 26 |  février 2016



Pour citer ce document

GUILLAUME Chantal , « Les défricheurs, des expérimentateurs ?. Eric Dupin, Les défricheurs : voyage dans la France qui innove vraiment, Paris, La Découverte, 2014  », Cahiers Charles Fourier , 2015 / n° 26 , en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article1673 (consulté le 15 novembre 2017).

Texte intégral

Eric Dupin dans un ouvrage « Les défricheurs : voyage dans la France qui innove vraiment »réalise ce que nous nous efforçons de conduire dans cette rubrique « Expérimentations économiques et sociales », un voyage-enquête en France dans le petit monde des utopies concrètes. De 2012 à 2014, il a rencontré des individus, des groupes qui tentent des expériences alternatives qu’il appelle des défricheurs : ils peuvent vivre en rupture avec la société dans des communautés ou bien se situer aux marges dans l’économie sociale et solidaire. Ce texte ne se donne pas mission de construire une théorie mais de rendre visible une certaine mouvance écolo-sociale à la recherche d’autres modes de vie et de travail, explorant d’autres directions, d’autres pistes. Eric Dupin les qualifie aussi d’avant-garde écolo-sociale pour signifier que celle-ci ouvre d’autres voies d’avenir, d’autres possibles pour répondre à la crise économique et écologique actuelle.
Les défricheurs appartiennent aussi à cette mouvance que l’Amérique nomme « les créatifs culturels ». Concept importé qu’il faut expliciter tant il semble imprécis, une tendance ou une mode plus qu’un concept à validité sociologique pertinente. A la fin de l’ouvrage seulement, l’auteur précise l’usage de cette expression : le créatif culturel n’a pas de capital économique mais un fort capital culturel qui l’incite à inventer son propre emploi ou domaine d’activités. Il innove dans la social-économie à tendance écologique. Cette notion d’innovation est aussi source de suspicion car elle est le moteur d’un développement capitaliste qui a perdu toute limite et tout sens. L’auteur fait remarquer que notre système capitaliste est désormais incapable de donner aux jeunes générations un travail. Celles-ci sont tenues par nécessité économique de sortir du salariat et de créer leurs propres activités. Le créatif culturel est donc le résultat d’une forme de capitalisme, de ses révolutions techniques qu’il faut interroger. Il est étranger aux classes populaires tout en se trouvant dans une situation de précarité qui devient source d’inventions et de débrouillardise sociale. Eric Dupin nomme aussi ceux-ci alterentrepreneurs, qui investissent leurs énergies dans des entreprises qui portent d’autres valeurs, d’autres modèles économiques et sociaux. Ainsi cet ouvrage présente de manière un peu « foutraque » un fourmillement d’initiatives et d’expérimentations que nous recensons depuis plusieurs années pour montrer qu’un certain fouriérisme appliqué ou socialisme utopique continue à perdurer. Nous sommes invités à les lire et comprendre à la lumière d’une visée subversive ou qui pourrait changer radicalement la société. Ces expériences communautaires ou collectives relèvent d’une volonté de « faire », de mettre en pratique des principes, des valeurs étrangers voire opposés au système productif et consumériste actuel. Elles défendent des valeurs de solidarité, de partage, de respect de la nature en retissant des liens sociaux plus conviviaux. Elles prônent la coopération, la collaboration, la mutualisation, démontrant que la souveraineté de l’individu est compatible avec le projet collectif. Peuvent-elles changer fondamentalement la société ? C’est une question que pose l’auteur.
Il fait le constat de l’extrême diversité de ces utopies concrètes, univers bigarré qui manque d’unité, de cohérence. Il y a en effet un monde entre une communauté décroissante, le peuple des yourtes, un écovillage et la plus grosse coopérative en France, ACOME. Pourtant dans toutes ces expériences s’affirme la volonté de se défaire d’un certain nombre d’aliénations et de promouvoir l’autonomie même, si elles sont loin de toutes renouer avec une démarche libertaire et autogestionnaire. L’auteur ne cache pas leurs échecs, leurs demi-réussites, leurs difficultés à pérenniser un modèle militant originel mais s’il n’a pas beaucoup d’empathie pour ces expérimentations (et nous verrons pourquoi) il constate qu’elles sont porteuses de joie et d’enthousiasme. Lorsque l’on prend connaissance de ces mêmes expériences au XIXe siècle, on découvre ce même enthousiasme avec des moments de découragement suivis de nouveaux élans.
Eric Dupin commence par la présentation de quelques expériences communautaires les plus en rupture, celles qui pratiquent ce qu’il appelle l’ilotisme (la phalange serait-elle un ilotisme ?), privilégiant une certaine autarcie sur un territoire. Il n’est pas dans mon propos de refaire cet inventaire/enquête mais de proposer quelques pistes de réflexion à travers certains exemples. On peut retenir de ces expériences d’ilots radicales qu’elles sont parfois anciennes. Les années 70, représentant l’imaginaire social de cette époque comme la Nef des Fous ou Longo Maï. Elles ont perdu de leur ferveur militante et de leur radicalité. Echec ou pas échec, Longo Maï n’est plus cette expérience communautaire fusionnelle (son maître ayant disparu ?) mais constitue plutôt un groupement de coopératives qui ont essaimé dans toute l’Europe. L’auteur passe très vite sur ces expériences, peut-être par choix de méthode (l’inventaire-enquête) mais, surtout, il ne différencie pas assez les communautés et les collectifs de travail. La ferme de Roya dans le Mercantour, par exemple, fait travailler sept personnes dans des conditions économiques difficiles. L’auteur montre que le devenir de ces communautés s’explique aussi par l’échec du collectivisme et que si elles durent, c’est en rompant avec ce mode d’organisation. Cet ilotisme est repérable aussi dans les écohameaux, villages de yourtes en marge de la société et confrontés à d’innombrables tracasseries administratives qui les condamnent à disparaître. La société, dit l’auteur, doit se sentir bien fragile pour percevoir une menace dans ces quelques yourtes. Il constate aussi que ces habitats légers sont le refuge d’une certaine pauvreté et non un choix véritable. Certes, mais il faut admettre que la coopérative comme tous les essais de mutualisation et d’organisations alternatives ont été des remèdes à l’extrême pauvreté au XIXe siècle – voir la première coopérative en Angleterre, les pionniers de Rochdale. L’écolieu alternatif de la Sorga en Dordogne lui paraît être une illustration de ce constat politique, une solution au problème de la pauvreté. Les utopies concrètes du XIXe n’attendaient pas la réforme par le haut mais elles étaient engagées plutôt dans un pragmatisme réformiste expérimental. « Les ilots verts » aujourd’hui représentent des tentatives communautaires de prendre d’autres voies, d’autres directions que l’Etat dans sa rigidité n’explore pas – il ignore d’ailleurs ces expérimentations sans grande visibilité, les acteurs de ces expériences eux aussi se désintéressant en grande partie des débats et enjeux politiques. La plus remarquable de ces entreprises est celle d’Eourres dans les Hautes Alpes initiée en 1980 ; elle a permis de faire revivre un village de maisons de pierres. On y découvre aujourd’hui une épicerie biocoop, un café restaurant alternatif, une école Steiner. Ou bien encore le Moulin collectif de Haute-Vienne qui fait vivre 20 à 25 personnes dans un espace collectif, les maisons de paille témoignant d’une volonté écologiste. Ces expériences allient utopie et réalisme ; il en est ainsi pour la Ferme des Amanins qui pratique l’autosubsistance alimentaire et énergétique en se montrant exigeante en matière de démocratie, d’écologie relationnelle, mais les membres de cette ferme peuvent habiter à l’extérieur de l’écolieu pour rester en lien avec la société. Ainsi il n’existe pas une orthodoxie de l’utopie réalisée, modélisée mais des formes multiples adaptées, intermédiaires, testées. Certaines pratiques en marge sont reconnues et intégrées ; elles deviennent les vitrines du savoir-faire écologique, comme par exemple l’écocentre du Périgord. Subventionné à 60 %, il développe la formation, l’insertion dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. L’ilotisme n’est pas toujours choisi, ce qui démontre aussi que l’auteur ne fait pas de distinction entre des expériences subversives et des innovations portées par de nouveaux marchés qui néanmoins s’efforcent de combiner économie et solidarité sociale. Pierre Rabhi parle d’« oasis vertes » pour désigner ces expériences d’écovillages, de fermes écologiques privilégiant la qualité des relations sociales et des préoccupations écologiques. L’auteur se demande s’il est possible de bâtir l’écologie seulement dans quelques communes. Certes le pari est difficile mais l’Etat investit-il dans d’autres pratiques, dans d’autres horizons agro-écologiques ? Il choisit plutôt le business vert qui ne rompt pas avec le paradigme de l’économie libérale et productiviste. Les défricheurs sont visionnaires et se situent dans les interstices du système. On pourrait légitimement suspecter avec l’auteur ces expériences de n’être « que des aspirations subversives et radicales récupérées par le capitalisme vert », le greenwashing. Ce qui peut être conforme à l’esprit fouriériste, c’est de ne pas attendre des solutions politiques d’en haut mais les inventer dans une nouvelle science sociale.
Lorsque Eric Dupin s’intéresse aux « alterentrepreneurs » qu’il nomme aussi les créatifs culturels, nous serions très loin de l’esprit utopiste et libertaire comme de Fourier qui prône l’écart absolu avec la civilisation. Cette sémantique emprunte encore à l’entreprise, à son imaginaire alors qu’il faudrait se séparer de la tyrannie de l’économisme. Mais le reproche que leur adresse l’auteur nous trouble. Les créatifs culturels seraient trop éloignés de la classe ouvrière, appartenant plutôt à la classe moyenne supérieure. Les disciples de Fourier furent aussi en effet des médecins, des avocats attirés par les propositions d’une nouvelle science sociale. Eric Dupin réactive un débat qui a opposé au XIXe siècle les socialistes utopistes et les marxistes. Doit-on tout miser sur la classe ouvrière pour envisager l’émancipation ? Retenons que les alterentrepreneurs actuels, en créant leurs propres emplois surtout dans l’écologie, ne cherchent pas à promouvoir d’autres modes d’organisation sociale mais défendent une autre manière de travailler, d’autres valeurs que celle de l’entreprise conventionnelle.
Les nouveaux paysans entrent dans cette catégorie fourre-tout des défricheurs car ils explorent d’autres voies, d’autres pistes pour produire et se nourrir ; ils imaginent l’agriculture du futur. Eric Dupin fait aussi une étape dans des expériences de « solidarité inventive » comme les SEL (systèmes d’échanges locaux), Accorderie (né au Québec) qui est aussi un partage de services mais aussi toutes les associations qui favorisent l’insertion par le recyclage et la récupération. La solidarité et le partage dans ces pratiques peuvent être pensés comme des applications partielles de l’utopie concrète. Le comptoir communal comme la ferme d’asile chez Fourier sont des solutions sociales imaginatives en rupture partielle avec la société mais loin de l’idéal phalanstérien. L’auteur s’enthousiasme pour une expérience qui ressemble fort à une application fouriériste, une épicerie solidaire en Isère (« les amis du Zeybu ») qui met en lien direct les consommateurs avec les producteurs. Les échanges se font avec une monnaie locale, le Zeybu. Surtout, les plus démunis sont des adhérents comme les autres, n’étant pas stigmatisés dans la catégorie des assistés. S’y ajoutent un café et un atelier du faire-ensemble pour corroborer cette simple idée que cette économie sociale et solidaire retisse des liens sociaux. Les initiatives du locavore relèvent de cette même volonté de supprimer les intermédiaires en favorisant production et consommation locales comme le prônait Fourier. De même les jardins partagés au cœur des villes poursuivent un double but, remédier à la précarité économique en appliquant des principes de solidarité et créer des liens sociaux. Ces jardins font renouer avec la valeur fondamentale de se nourrir en remettant en question les circuits de l’agro-alimentaire mondiale. Le jardin partagé remet du sens dans nos manières de vivre. L’auteur note que ces expériences sont de la « solidarité de nécessité » qui ferait perdre l’imaginaire libertaire à la source de cette économie solidaire. Il reconnaît pourtant qu’à l’aube du mouvement ouvrier, ces mécanismes d’entraide se sont nécessairement mis en place. On perçoit que l’analyse de ces phénomènes sociaux est complexe et échappe à nos modèles. L’institutionnalisation de la solidarité via l’Etat social empêche de prendre en considération ces expériences de solidarité. Eric Dupin fait d’ailleurs le constat que ces initiatives sociales inventives sont plus développées dans les pays où l’Etat social est moins présent.
A cette liste de réalisations utopistes concrètes, l’auteur ajoute les projets d’habitat groupé (habicoop, écohabitat, habiterre…). Ceux-ci projettent (seulement 10 % de ces entreprises aboutissent) une mixité sociale générationnelle qui n’aurait pas déplu à Fourier qui imaginait dans le phalanstère une place choisie et pensée pour chaque génération appelée à vivre en association. Dans ce même esprit, les expériences pédagogiques alternatives entrent dans ce monde bigarré de l’utopie réalisable. Ilots scolaires libérés ? L’auteur en doute : est-elle soutenable, cette forme d’éducation élitiste qui ferait sécession avec l’Education nationale ? La question mérite d’être posée mais l’Etat a-t-il laissé une place à ces projets alternatifs qui existent depuis longtemps et qui ont fini d’ailleurs par nourrir de manière féconde indirectement les pratiques pédagogiques institutionnelles ?
Enfin l’auteur appuie sa thèse de l’innovation sociale par le bas sur le renouveau du mouvement coopératif. Il ne nie pas la diversité entre toutes ces coopératives – pour ne pas dire leurs oppositions radicales. Il montre que celles qui ont préservé l’esprit d’origine s’efforcent d’appliquer certains principes. Il a enquêté dans certaines expériences de coopération déjà présentées dans cette rubrique : Ambiance Bois, Ardelaine…. Celles-ci reposent sur la volonté de ne pas céder à la logique économique dominante, en maintenant une certaine égalité des salaires, un développement maîtrisé et certains principes éthiques et environnementaux. Il ne faut pas se cacher que ce renouveau s’explique aussi par la crise industrielle qui incite les salariés à reprendre sous la forme de coopérative leurs entreprises. Eric Dupin donne à connaître de nouvelles coopératives comme la « coopaname », coopérative d’aide et d’accompagnement des travailleurs pauvres ou autoentrepreneurs qui vivent souvent l’auto-exploitation. Dans un esprit de solidarité collective, mutualiste, il s’agit de salarier l’autoentrepreneur moyennant 10 % de ses revenus. C’est dire que ce travailleur indépendant d’un nouveau genre a besoin d’une protection collective. Là aussi la réalité économique fonde cette nouvelle forme de coopération par nécessité et non par une pensée de la rupture et de la critique économique et sociale.
De même l’auteur invite à réfléchir sur ce que l’on nomme l’économie collaborative : le covoiturage, le cotravail, la colocation…. Ces modes d’échanges collaboratifs retricotent du lien social, insufflent une nouvelle convivialité, des comportements écologiques responsables (consciemment ?) mais sont-ils porteurs d’une nouvelle société ? Ils sont générés par des nécessités économiques et plutôt en voie de récupération par une logique marchande. Nous en voulons pour preuve « la start up » de covoiturage Blablacar sur le point de « boucler une levée de fonds record », 145 millions d’euros comme l’annonce le quotidien Le Monde du 10 septembre 2015. Le capitalisme sait transformer en or les idées de collaboration et de partage, leur faire servir la raison marchande. Ces pratiques facilitées par le cyberespace avalisent l’idée de la fin du salariat et ouvrent d’autres voies de travail pour le meilleur puisqu’elles supposent plus d’autonomie, la création de services utiles socialement mais peut-être aussi pour le pire. Elles pourraient être à la fois remèdes et poisons. Elles ne se fondent pas sur la critique lucide de l’économie et sur un imaginaire social radical et renouvelé. Eric Dupin consacre toute la fin de son ouvrage à une analyse politique de ces utopies concrètes. Il se questionne sur la capacité de ces expérimentations à faire advenir une autre société, à s’articuler à un mouvement politique. Question récurrente : les utopistes socialistes ont été confrontés à ce dilemme et lorsqu’ils ont tenté une entrée en politique, ils ont découvert le renoncement qu’elle implique. Le changement par les ilots, par les micro-expériences n’a pas vocation à trouver sa traduction en politique. Il s’agit au contraire de penser leur essaimage, leur multiplication et donc leur possibilité de transformation sociale en profondeur sans passer par la politique institutionnelle. La sociologie de ces utopies, pourrions-nous répondre à Eric Dupin, démontre le caractère potentiellement émancipateur de ces espaces à la marge. Ces pratiques secouent les évidences, préparent des solutions à venir dans une crise qui témoigne d’ailleurs que les sociétés ne sont pas maîtresses de leur devenir. Le mouvement des colibris de Pierre Rahbi repose sur cette certitude, le développement de solutions alternatives locales dans une situation mondiale catastrophique. Il compte 80 000 adhérents soit 25000 de plus en un an. Au moins fait-il entrer dans un autre système de valeurs, dans une autre représentation du monde. Ce fourmillement d’initiatives constitue aussi comme dans le passé la porte d’entrée dans une réflexion sur la nature et le devenir de la démocratie représentative. Les socialistes utopistes ont fait cette expérience des limites de la liberté démocratique avant nous, délaissant assez vite ce terrain pour penser les marges et les interstices. Des bribes, des essais de société idéale peuvent s’immiscer dans le réel.
Ces expériences témoignent d’une crise profonde de la démocratie représentative qui semble une coquille vide, incapable de mettre en œuvre des procédures de décision collective. L’auteur nous fait aussi entrer dans des mouvances qui questionnent l’articulation entre la souveraineté individuelle et la performance du collectif. Ainsi l’université du Nous a le projet d’accompagner la transformation sociale en favorisant l’émergence de nouvelles formes d’organisation démocratique. Elle propose des méthodes de prise de décision par consentement, par consensus en acceptant les objections (la sociocratie, l’holacratie). Fourier aurait pu ne pas démentir ces méthodes qui reconnaissent la pluralité des êtres dans l’unité à construire, l’harmonie dans la diversité. Ou bien encore ces mouvements qui se veulent des laboratoires pour une transition vers une autre démocratie. L’auteur cite de nombreuses initiatives pour régénérer une démocratie malade (le tirage au sort ; la décision et le contrôle démocratique). Ces expériences locales, à petite échelle de collaboration, de coopération et d’essais de vie communautaire ne sont pas sans faille mais ont cette vertu de mettre à l’épreuve nos paradigmes. On ne peut trancher mais on peut maintenir ensemble ces expérimentations partielles, incomplètes et une vision politique radicale, ces deux perspectives ne sont pas antinomiques. A la différence d’Eric Dupin, nous pouvons n’avoir aucun problème à ne pas entrer dans l’arène de la politique institutionnelle lorsque nous nous intéressons à ces expérimentations utopistes.


Chantal Guillaume

Chantal Guillaume

Professeur de philosophie. Elle a publié plusieurs articles dans les Cahiers Charles Fourier et dans Luvah. Elle vit et écrit des textes de fiction à la campagne (au bord de la Loue).


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