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Bernard Desmars  |  mise en ligne : juin 2018

Gentil, Henri


Ouvrier tapissier à Marseille ou dans les environs. Adhère en 1868 au fouriérisme.


En septembre 1868, La Science sociale reproduit une lettre d’Henri Gentil, qui se présente comme ouvrier tapissier. Il veut exposer les « effets qu’ont produits chez [lui] la lecture et l’étude des œuvres de Fourier, dont la doctrine aborde les plus graves problèmes posés par l’esprit humain ».

Il déclare être « initié depuis quatre mois seulement à cette science » grâce à Jean-Baptiste Guizou, le principal propagandiste marseillais à la fin des années 1860.

Envoyé par mon patron chez M. Guizou, pour quelques travaux de ma profession, ce disciple septuagénaire, qui ne manque jamais de saisir toutes les occasions pour développer l’idée phalanstérienne, me remit la Solidarité [1] et depuis admis le soir chez lui pour mener l’étude avec fruit, il m’en a facilité la tâche, ainsi qu’il le fait pour d’autres adeptes qui disposent de sa bibliothèque phalanstérienne, du journal de l’école et profitent de ses bonnes leçons qui ne peuvent manquer de porter leurs fruits.

Il souhaite maintenant approfondir sa connaissance de la théorie sociétaire :

Je me propose d’en poursuivre très sérieusement l’étude et ne pas laisser éteindre le feu sacré qu’elle a allumé dans mon cœur, avec la confiance de m’élever à des notions exactes sur les destinées.

Dans l’ignorance où j’étais des causes du mal qui existe, j’étais naturellement porté à douter de Dieu, à le nier même ; aujourd’hui, je peux m’expliquer comment le mal est, et j’ai l’assurance qu’avec la science, ce mal disparaîtra. – Matérialiste, je croyais que tout devait finir avec la vie présente ; aujourd’hui, ma foi est affermie. Je dois aux œuvres de Fourier et aux trois ouvrages publiés par M. H. Renaud, mes croyances en Dieu et en l’immortalité.

Je n’admire pas seulement Fourier dans sa cosmogonie poétique et grandiose, je l’admire aussi dans son plan d’organisation industrielle que je considère comme inattaquable. Personne après avoir étudié Fourier, n’osera nier l’importance de sa doctrine et la rigueur mathématique de tous ses problèmes ; celui qui comprendra bien les deux chapitres V et VI du Nouveau monde, qui traitent des trois ressorts organiques d’une série passionnée et de leurs effets, ainsi que les propriétés inestimables de la répartition équilibrée, comprendra toute sa théorie et reconnaîtra qu’elle a la puissance de transformer en plaisirs toutes les occupations de l’homme puis d’établir l’accord entre tous les associés.

Jeune encore et ne pouvant m’étendre beaucoup sur les autres principes généraux de la science, je me borne à vous exposer sommairement mes convictions acquises que je dois à une heureuse circonstance [2].

Le groupe fouriériste marseillais reste actif jusqu’au milieu des années 1880. On ignore si Henri Gentil en fait encore partie.


Bernard Desmars

Dernière mise à jour de cette fiche : juin 2018

Notes

[1Il s’agit de l’œuvre d’Hippolyte Renaud, Solidarité. Vue synthétique sur la doctrine de Fourier, Paris, Librairie sociétaire, 1842 (plusieurs rééditions).

[2La Science sociale, 16 septembre 1868, p. 207-208.


Ressources

Source :
La Science sociale, 16 septembre 1868, p. 207-208.


Index

Lieux : Marseille, Bouches-du-Rhône

Notions : Propagande - Religion

Pour citer cette notice

DESMARS Bernard, « Gentil, Henri », Dictionnaire biographique du fouriérisme, notice mise en ligne en juin 2018 : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article2038 (consultée le 23 juin 2018).

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