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mise en ligne : septembre 2004

Fourier, les fouriéristes et leur temps - Une chronologie


L’idée est de rassembler à terme en une seule chronologie l’ensemble de ce qui est datable dans l’histoire de Fourier et des fouriéristes au sens large (des références à Proudhon, aux saint-simoniens, aux icariens, par exemple, émaillent cette chronologie). La solide armature ci-dessous est issue des recherches menées naguère par Pierre Mercklé dans le cadre de sa thèse. L’équipe du site a apporté des compléments.

A chacun(e) de corriger les erreurs qui ont pu se nicher dans cette chronologie et de livrer des éléments nouveaux.

Au fait : si vous vous mobilisez directement cette chronologie pour vos propres travaux, merci d’indiquer la source !





1772

7 avril 1772 : Naissance de Charles Fourier à Besançon, dans le milieu de la bourgeoisie commerçante.

1781

1781 : Fourier entre au collège de Besançon, où il passe six ans.

1787

Printemps 1787 : Fourier termine ses études au collège de Besançon.

1788

1788 : Naissance d’Etienne Cabet.

1789

1789 : La mère de Fourier l’envoie à Lyon pour travailler dans un établissement bancaire dirigé par le suisse Scherer. Fourier déserte avant même d’avoir commencé son travail.

Fin 1789 : Fourier séjourne une semaine à Paris chez son beau-frère Antide de Rubat et chez Brillat-Savarin, puis se rend à Rouen pour travailler dans le commerce du drap. Il y reste tout l’hiver et le printemps suivant.

1790

1790 : Fourier quitte Rouen et rentre à Besançon, puis accepte un emploi dans le commerce de la soie à Lyon.

1793

23 mai 1793 : Fourier, pour ses 21 ans, reçoit sa part d’héritage entière, contrairement au vœu paternel.

1793 : Marchand-importateur à Lyon, Fourier participe à l’insurrection fédéraliste. Ses marchandises sont réquisitionnées, il est inquiété, il fuit la ville.

1794

1794 : Fourier est enrôlé dans les chasseurs à cheval (armée du Rhin) ; il gagne le Palatinat.

1795

25 octobre 1795 (3 Brumaire An IV) : A la suite des projets présentés par Condorcet en 1792, une loi fonde, au sein de l’Institut, une classe spéciale des « sciences morales et politiques ».

1796

23 janvier 1796 : Fourier est réformé du 8e régiment de chasseurs à cheval, dans lequel il a passé dix-sept mois.

1798

1798 : Fourier effectue un séjour d’étude et de repos dans la famille du député Briot, auquel il avait confié un projet d’organisation de l’intendance des armées.

1799

12 septembre 1799 : Fourier et ses sœurs perdent le procès intenté à la suite de leur ruine.

1799 : Fourier fait à Marseille, écrit-il plus tard, la « découverte » décisive, plan d’organisation sociale fondé sur un « calcul géométrique des attractions passionnelles ».

1800

4 juin 1800 : Fourier quitte Paris et arrive à Lyon. Il y vit petitement jusqu’en 1815 (quartier des Terreaux) et exerce la profession de commis-marchand ou de commis voyageur.

1800 : Fourier, qui n’y était pas convié, fait imprimer de fausses invitations à une fête de Raymond Verninac, préfet du Rhône.

1802

1802 : Naissance de George Ripley, le fondateur de Brook Farm.

1803

3 décembre 1803 : Publication de l’article de Fourier, « Harmonie universelle », dans le Bulletin de Lyon.

17 décembre 1803 : Publication de l’article de Fourier, « Triumvirat continental et paix perpétuelle sous trente ans », dans le Bulletin de Lyon.

25 décembre 1803 : Fourier écrit sa Lettre au Grand Juge.

1806

11 avril 1806 : Naissance de Frédéric Le Play.

1808

Printemps 1808 : Fourier quitte sa chambre du 74 rue Saint-Côme, et emménage dans un autre meublé, rue Clermont, juste derrière la Bourse, où il reste jusqu’en 1815.

1808 : Publication de la Théorie des Quatre mouvements et des Destinées générales.

1808 : Un Lyonnais, Henri Brun de Pézenas, essaie d’assurer à Paris la diffusion de la Théorie des quatre mouvements, mais ne réussit à en écouler que six exemplaires.

12 octobre 1808 : Naissance de Victor Considerant à Salins (Jura).

1809

1809 : Naissance de Proudhon.

1811

1811 : Fourier est nommé inspecteur-expert en tissu aux entrepôts militaires de Sainte-Marie-des-Chaînes à Lyon, par le préfet du Rhône, le comte Taillepied de Bondy. Il n’occupe ce poste que quelques mois.

Novembre 1811 : En réponse à Aimé Martin, qui sous le pseudonyme de « Philoharmonicos », l’avait interpellé dans le Journal de Lyon, Fourier fait paraître une « Réponse à Philoharmonicos » dans le même journal.

1812

1812 : à la mort de sa mère, Fourier jouit d’une pension annuelle de 900 francs.

1814

21 mai 1814 : Après de rudes combats autour de Villefranche et de Limonest, quarante mille soldats autrichiens entrent dans Lyon.

9 juin 1814 : Fin de l’occupation autrichienne de Lyon.

Juin 1814 : Fourier est arrêté et brièvement interrogé par le préfet du Rhône, après avoir écrit au général Bertrand, compagnon de Napoléon en exil, dans l’espoir de pouvoir lui présenter sa découverte.

Juillet 1814 : Parution du Mémoire adressé au roi de Carnot, recommandant l’étude scientifique de « l’homme social ».

Août 1814 : Just Muiron, fonctionnaire de préfecture à Besançon, découvre la Théorie des quatre mouvements de Fourier, dans la bibliothèque de l’érudit bisontin Charles Weiss.

17 novembre 1814 : Découverte du « clavier général de création », formule qui permettrait désormais à Fourier d’avoir recours aux mathématiques plutôt qu’à l’intuition pour mettre en évidence le système cohérent d’analogies qui relie aux phénomènes du monde naturel le jeu des passions humaines.

1814 : Entrée d’Auguste Comte à l’Ecole Polytechnique.

1814 : Fondation par George Rapp de la Communauté d’Harmony (Indiana, Etats-Unis).

1815

Décembre 1815 : Fourier quitte Lyon définitivement et part pour le Bugey s’installer dans le village de Talissieu, chez les enfants de sa sœur Mariette de Rubat.

1816

1816 : Just Muiron entre en relation avec Charles Fourier. Fourier répond le 30 avril 1816 à la deuxième lettre de Muiron.

1817

1817 : Naissance de Godin à Esquehéries (Aisne).

16 février : Brouillé avec ses nièces, Fourier quitte la demeure des Rubat à Talissieu, pour s’installer chez les Parrat-Brillat à Belley.

Mars 1817 : Fourier découvre le « système d’accords passionnels », qui lui permet de rompre avec la croyance selon laquelle l’harmonie sociétaire exige le développement complet des douze passions.

1818

1818 : Naissance de Karl Marx à Trèves.

1821

1821 : Fourier se fixe à Paris, qu’il ne quitte plus guère ensuite. Il y exerce la fonction d’employé et il continue à vivre de peu.

1822

1822 : Publication du Traité de l’Association domestique agricole de Charles Fourier.

1823

Mars 1823 : Just Muiron est révoqué de ses fonctions à la Préfecture du Doubs, sous prétexte de surdité, en réalité à cause de ses opinions libérales.

Mars 1823 : Sur l’initiative de Désiré Ordinaire, la Société d’agriculture du Doubs lance un concours pour la création d’un comptoir communal.

9 mars 1823 : Saint-Simon se tire un coup de pistolet. Son œil est perdu, mais son cerveau n’est pas atteint, et après quinze jours il est guéri.

Septembre 1823 : Publication par Charles Fourier des Sommaires et annonce du Traité de l’association domestique-agricole.

1824

4 mars 1824 : Séance de la Société d’Agriculture du Doubs, dans sa séance du 4 mars 1824 n’accorde qu’une mention honorable au mémoire de Just Muiron, qui était pourtant le seul candidat de son concours pour la création d’un comptoir communal.

14 août 1824 : Robert Owen reçoit Richard Flower, fondé de pouvoir des rappistes, qui lui propose d’acheter le village d’Harmony, que ces derniers viennent de quitter : un village entier, tout équipé, avec ses manufactures, ses boutiques, son magasin, sa taverne, ses maisons de brique, ses vastes granges, ses écuries, son temple et un grand bâtiment communautaire, le tout pour la somme de 135 000 dollars.

24 août 1824 : Victor Considerant passe son diplôme de bachelier.

Octobre 1824 : Owen s’embarque à Liverpool à destination de New York. Après un court séjour à Philadelphie, puis à Washington, où il est reçu par le Président Monroe, il se rend à Harmony et y passe une huitaine de jours. Owen donne alors son accord définitif au projet d’achat et verse un premier règlement.

Automne 1824 : Considerant entre au collège royal de Besançon.

1824 : Brouille entre Saint-Simon et Comte.

1824 : Publication des Aperçus sur les procédés industriels pour répandre la théorie sociétaire de Just Muiron.

1824 : Les Rappistes quittent Harmony, pour fonder la Communauté d’Economy, sur les rives de l’Ohio.

1825

Février et mars 1825 : Owen prononce deux discours aux Etats-Unis, devant les membres du cabinet, de la Cour suprême et du Congrès.

1er avril 1825 : Fourier revient à Lyon, et travaille comme caissier pour la Maison Bousquet père et fils, commissionnaires en marchandises, au 18 port Saint-Clair, pour un salaire annuel de mille deux cents francs.

19 mai 1825 : Décès de Saint-Simon.

Mi-septembre 1825 : Fourier séjourne à Rotalier, dans le Jura, chez Désiré-Adrien Gréa, pendant six semaines, de mi-septembre à fin octobre. Au début novembre, il reprend son travail à la Maison Bousquet.

Novembre 1825 : Deux sœurs écossaises, Frances et Camilla Wright, fondent la Communauté de Nashoba, près de Memphis, Tennessee, Etats-Unis. La communauté accueille, pour l’essentiel, des esclaves noirs qui devaient racheter leur liberté en travaillant pour la communauté.

15 décembre 1825 : Fourier est envoyé à Paris par la Maison Bousquet pour traiter une affaire. Il y reste, logeant jusqu’en 1832 dans un meublé au 45 rue Richelieu.

1825 : Abraham Combe fonde la Communauté d’Orbinston, d’inspiration oweniste, près de Glasgow en Ecosse.

1825 : Considerant manque le concours d’entrée à l’Ecole polytechnique.

1825 : Frédéric Le Play entre à l’Ecole polytechnique. Il en sort premier deux ans plus tard, au lieu des trois années habituellement requises.

1826

Janvier 1826 : Owen arrive à New Harmony. La confusion y étaitdéjà grande, depuis qu’à son appel plusieurs centaines de personnes s’y étaient rendues.

Printemps 1826 : Fondation de la Friendly Association for Mutual Interest à Kendal (Ohio, Etats-Unis).

1826 : Considerant réussit le concours d’entrée à l’Ecole polytechnique.

1826 : La sœur de Considerant, Justine, se remarie avec un directeur de forges qui était venu s’installer à Poligny comme marchand de fer

1827

15 janvier 1827 : Décès de Jeanne-Claire Vigoureux, fille de Clarisse, à laquelle Considerant était attaché.

27 avril 1827 : Décès du père de Considerant.

27 mai 1827 : Robert Owen quitte New Harmony, et il ne lui reste que le cinquième de sa fortune

1828

Juillet 1828 : Fourier se rend à Besançon avec le manuscrit achevé du Nouveau monde industriel. Il y restera huit mois, logeant dans la grande maison de Clarisse Vigoureux, rue du Collège.

Septembre 1828 : Un certain nombre de négociants et banquiers de Besançon, parmi lesquels un cousin germain de Fourier, Denis-Louis Muguet, horloger, président de la Chambre de commerce de Besançon, décident de lancer un journal d’opposition à Besançon, qui s’intitulera L’Impartial, et d’en donner la gérance à Just Muiron. Le premier numéro paraît en mars 1829.

Octobre 1828 : Considerant est envoyé à l’Ecole militaire d’application de Metz.

1829

Mars 1829 : Publication du Nouveau monde industriel et sociétaire de Charles Fourier.

Mars 1829 : Parution du premier numéro de L’Impartial, journal d’opposition de Besançon, dont Just Muiron est le rédacteur en chef.

20 mai 1829 : Fourier accompagne une de ses connaissances, François de Corcelle, à une des réunions bimensuelles des saint-simoniens, rue Taranne.

13 décembre 1829 : Lettre de Fourier à Muiron, par laquelle il lui affirme son intention de lui léguer ses manuscrits après son décès.

1830

Janvier 1830 : Fin de la Communauté de Nashoba.

Eté 1830 : Charles Fourier, et Clarisse Vigoureux, s’installent à Paris.

Septembre 1830 : Considerant sollicite un congé de l’armée.

7 novembre 1830 : Just Muiron, réintégré dans ses fonctions à la préfecture du Doubs, quitte le poste de rédacteur en chef de L’Impartial, et cède la place à un Parisien, Miran.

Automne 1830 : Considerant obtient un congé de l’armée et séjourne à Paris jusqu’en mars 1831.

1830 : Victor Considerant signe dans Le Mercure de France le premier article consistant et solide jamais paru dans la presse parisienne sur la pensée de Fourier.

1831

Mars 1831 : Considerant est de retour à Metz, et adhère à l’Association nationale contre le ministère conservateur de Casimir Périer.

Avril 1831 : Le gouvernement place tous les officiers signataires en disponibilité sans solde. Considerant en profite pour revenir à Paris.

Juillet 1831 : Mission saint-simonienne de Jules Lechevalier à Besançon, rapidement interdite par la mairie. Just Muiron et Clarisse Vigoureux s’efforcent de le convertir au fouriérisme.

Septembre 1831 : A la suite d’une mesure prise par le maréchal Soult, ministre de la Guerre, qui réintègre dans l’armée les officiers de l’Association, Considerant est obligé de regagner son régiment, à Metz.

Novembre 1831 : Première révolte des canuts lyonnais.
Hiver 1831 : Jules Lechevalier se convertit du saint-simonisme au fouriérisme. Il écrit à Fourier le 16 janvier 1832 : « De longs entretiens avec M. Muiron et avec Mme Vigoureux me firent sentir la haute portée de vos vues. Je me liais d’affection avec vos disciples. Nous nous reconnûmes pour des hommes dévoués, destinés à marcher dans la même voie et à nous rencontrer un jour... »

1831 : E. T. Craig, un journaliste, fonde la Communauté de Ralahine (Irlande), d’inspiration oweniste, avec le soutien d’un économiste réputé, William Thompson, et de Robert Owen.

1831 : Pièges et charlatanisme des sectes Saint-Simon et Owen, par Fourier

1832

Début 1832 : Considerant obtient un congé illimité de l’armée.

Mars 1832 : Jules Lechevalier publie les cours publics de fouriérisme qu’il a donnés à Paris au début de l’année, dans une brochure intitulée « L’art d’associer ».

Juin 1832 : Création à Paris du journal Le Phalanstère ou la Réforme industrielle, avec pour syndics deux députés, Gréa et Baudet-Dulary, et trois gérants, Fourier, Muiron et Paul-Emile Vigoureux, qui, tout juste âgé de vingt ans, n’est là que comme prête-nom de sa mère. Les deux rédacteurs en chef sont Considerant, encore à Metz, et Jules Lechevalier.

7 septembre 1832 : Parution du premier numéro de La Réforme industrielle ou le Phalanstère. Le dernier numéro du Phalanstère paraît le 28 février 1834.

Septembre 1832 : Just Muiron, succédant à Xavier Marmier, reprend ses fonctions de rédacteur en chef de L’Impartial.
1832 : L’Américain Albert Brisbane, alors jeune étudiant, rencontre Fourier à Paris. Il devient ensuite un infatigable propagandiste et la figure principale du mouvement fouriériste américain.

1832 : Baudet-Dulary achète un ensemble de terrains à Condé-sur-Vesgre, à la lisière de la forêt de Rambouillet.

1833

1833 : Une société est officiellement créée, avec un fonds social de 1 200 000 francs, pour réaliser une expérience de phalanstère sur les terrains de Condé-sur-Vesgre, achetés en 1832 par Baudet-Dulary.

1833 : Considerant, pour couper court aux projets de « ralliement » et de publication, annonce pour 1834 l’apparition d’un journal, qui ne voit le jour qu’en 1836.

Juillet 1833 : L’architecte de la Colonie sociétaire de Condé-sur-Vesgre, Colomb Gengembre, est forcé à la démission.
Septembre 1833 : Le rapport de gérance de Condé-sur-Vesgre n’est guère optimiste (...) : beaucoup de dépenses et de frais généraux, se combinant avec des versements et des fonds inférieurs au capital social prévu... Les appels de fonds se succédèrent, jusqu’à la dispersion finale des travailleurs.

1er octobre 1833 : Considerant est à Montargis pour une conférence.

Septembre 1833 : Considerant est à Lyon, au palais Saint-Pierre pour une conférence.

8-11 décembre 1833 : Considerant est à Besançon pour une série de conférences.

1833-1834 : Fourier observe de loin, puis dénonce la tentative de colonie phalanstérienne à Condé-sur-Vesgre (Seine-et-Oise).

1834

1834 : Parution du premier tome des Destinées sociales de Considerant. L’ouvrage connaît un réel succès, et se vend assez rapidement à huit cents exemplaires.

28 février 1834 : Parution du dernier numéro du Phalanstère.

Avril 1834 : Seconde révolte des canuts lyonnais.

Juin 1834 : Charles Pellarin succède à Just Muiron au poste de rédacteur en chef de L’Impartial.

1835

1835 : Muiron soumet à Considerant des propositions précises.

1835 : Considerant répond à Muiron, par un long mémoire confidentiel de cent vingt-trois pages, « qu’il confie à son honneur et qu’il adresse également à Charles Pellarin, le futur biographe de Fourier, et à Hippolyte Renaud, polytechnicien comme lui ». Le document circule, ce qui irrite fortement Considerant.

Septembre 1835 : Parution de La Fausse industrie, par Charles Fourier.

15 novembre 1835 : Conférence de Considerant à l’Hôtel de Ville de Paris sur la question des races, au cours d’un congrès historique. Cette conférence a un grand retentissement et soulève l’indignation des catholiques.

1835 : Tentative de réalisation phalanstérienne en Roumanie, à Scâeni, à l’initiative de Teodor Diamant.

1835 : Création du Commerce véridique et social, première véritable coopérative française, par Michel Derrion et Joseph Reynier, deux fouriéristes lyonnais.

1836

30 juin 1836 : Muiron, guère convaincu par les arguments de Considerant, expédie de Besançon dix-huit exemplaires d’un projet de statuts en vue de la constitution d’une Union Phalanstérienne.

10 juillet 1836 : Parution du premier numéro de La Phalange, qui devait sortir deux ou trois fois par semaine, et dont la parution est irrégulière.

24 juillet 1836 : Muiron adresse un exemplaire de son projet à Fourier, avec ce commentaire : « Tous vos disciples, et leur nombre croît chaque jour, sentent l’urgence d’une affiliation qui leur permette action combinée et unitaire ».

11 août 1836 : Lettre de Pellarin à Considerant : « Vous voyez tout d’abord l’intention de vous supplanter, brider, tenir en tutelle. Et avec quoi, par quels moyens, bon Dieu ? On veut simplement créer un petit ministère des finances à votre service, et vous vous imaginez qu’on veut dresser une barricade contre le vôtre. Il s’agit de créer un peuple de contribuables, et vous supposez qu’on enrôle et recrute une armée pour entrer en campagne contre La Phalange ».

16 août 1836 : Considerant démissionne finalement de l’armée.

31 août 1836 : Muiron remercie Fourier de ses observations sur son projet : « Je vois avec bonheur que l’idée d’une telle affiliation vous plaît au fond, quand vous vous bornez à critiquer un peu la forme ».

22 septembre 1836 : Le pape Grégoire XVI condamne l’ouvrage de Considerant, Destinée sociale.

10 octobre 1836 : L’accord entre Considerant et Muiron a fini par se faire et est communiqué ce jour sous la forme d’une circulaire.

1837

Début 1837 : Parution du second tome de La fausse industrie.

8 juin 1837 : Constantin Prévost, peintre et directeur du musée de Toulouse, publie une « Lettre aux partisans de la théorie de Ch. Fourier », dans laquelle il propose la création d’une Union harmonienne à Lyon.

1837 : Création à Besançon d’un Institut Sociétaire, composé d’Edouard Odinaire, Eugène Tandonnet, Hugh Doherty, Henri Fugère. Devant l’opposition de Considerant, ils en appellent à Fourier, qui promet sa « coopération » et un texte.

Juillet 1837 : L’agitation n’a pas cessé. Considérant se décide, dans La Phalange, à relancer une nouvelle souscription en vue de reprendre les projets abandonnés de phalanstère à Condé-sur-Vesgre.

20 juillet 1837 : Aux Bisontins qui viennent chercher le texte qu’il leur a promis, Fourier se montre moins enthousiaste qu’à l’origine : « M. Fourier nous a dit que, bien que notre projet fût bon, il ne fallait pas seulement en voir les bons côtés, que cette scission d’effort produirait sur le moment un effet fâcheux et qu’il fallait chercher encore à l’éviter. J’ai vu Considerant, ajouta M. Fourier, et je crois devoir me poser en intermédiaire. »

21 juillet 1837 : Dans la presse, une annonce publicitaire d’une « Société André » (entendant appliquer certains principes fouriéristes) prise pour une réalisation sociétaire, a un tel écho que Considerant est obligé de démentir par une circulaire.

30 juillet 1837 : Muiron est déçu par l’appel de Considerant, et rédige une nouvelle lettre. « Le champ libre vous a été laissé. Une année entière s’est écoulée sans la réalisation attendue... Un jour peut-être regrettera-t-on de n’avoir pas marché malgré votre opposition, vos plaintes, vos erreurs surtout, vos erreurs persistantes sur nos intentions et nos actes que vous qualifiez si simplement essor d’individualisme ».

31 juillet 1837 : Rencontre entre Considerant, le centre parisien et les fouriéristes bisontins, à laquelle Fourier assiste malgré son état de santé. Cette réunion consacre la scission de l’Ecole sociétaire.

15 août 1837 : Début de la publication de la Correspondance harmonienne, par l’Union harmonienne, à Lyon. La Commission lance son appel Aux Phalanstériens et y donne aussi un compte-rendu de la réunion du 31 juillet.

1837 : Considerant répond à l’Appel aux Phalanstérien par une Lettre confidentielle des membres de la réunion du 31 juillet.

17 août 1837 : Résolution du groupe de Bordeaux, adressée à Fourier, dans laquelle il souhaite que les deux partis comprennent la nécessité d’un ralliement intégral.

septembre 1837 : Les dissidents répondent à la Lettre confidentielle par une Réponse confidentielle à la lettre confidentielle.

9 octobre 1837 : Décès de Fourier.

31 octobre 1837 : Les Commissaires de la société de Condé-sur-Vesgre (Blanc, Barbier, Bing, Chapelain, Michelot) prennent clairement position en faveur de Considerant.

20 décembre 1837 : Par un acte dont ils sont les trois cosignataires, Considerant, Muiron et Vigoureux s’instituent comme les co-légataires indivis des manuscrits de Fourier.

1838

1838 : Mariage de Considerant avec Julie Vigoureux, seconde fille de Clarisse. Le contrat de mariage est en date du 16 février 1838.

1838 : Parution du deuxième tome des Destinées sociales de Considerant.

1er avril 1838 : Lettre autographiée d’Edouard Ordinaire à M. Victor Considerant et aux partisans de l’Ecole sociétaire, dans laquelle il s’en prend violemment à celui qu’il nomme « le pape » de l’Ecole sociétaire.

15 juin 1838 : Andron fonde, dans l’Hôtel Lamoignon à Paris, la Boulangerie véridique dans le but de vendre le pain au prix de revient. La durée est fixée à 9 ans. Le fonds social est de 6 000 F, divisé en 1 200 actions de 5 francs. Afin d’éviter toute concentration du capital, il est interdit aux souscripteurs de posséder plus de quatre actions. Il y a de la sorte près de 800 porteurs d’actions. Sur les bénéfices, un intérêt de 5 % est alloué au capital-actions, le surplus des bénéfices nets est réparti à raison de 1/3 aux employés et ouvriers associés, et des 2/3 restants aux actionnaires-consommateurs. La Boulangerie véridique livre le pain à domicile.

décembre 1838 : Premier voyage de Considerant en Belgique.
1838 : Fin du Commerce véridique et social de Michel Derrion.

1839

1839 : Le fouriériste Pellegrini obtient un important don de terres de la République du Texas, et rallie 200 familles autour d’un projet de colonisation. Mais le groupe ne parvient pas à se mettre d’accord sur un projet de statuts, et se disperse rapidement.

1839 : Tentative de réalisation phalanstérienne de Tandonnet à Montevideo (?)

9 mars 1839 : Considerant se présente et échoue aux élections législatives dans l’arrondissement de Poligny, dont dépend Salins.

28 août 1839 : Congrès phalanstérien à Cluny.

septembre 1839 : Le siège de la Correspondance harmonienne est transféré de Lyon à Bordeaux.

1839 : Fondation du journal Le Nouveau Monde, dissident, avec en particulier Jean Czynski et Laurent Héronville.

1839 : Fondation de la Communauté oweniste de Queenswood (Hampshire, Angleterre).

1840

15 juin 1840 : Une société au capital de sept cent mille francs est constituée pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier.

1840 : George Sand aide Pierre Leroux à fonder La Revue indépendante.

1841

15 janvier 1841 : Parution du premier numéro du Premier phalanstère, journal mensuel fondé par Jean Czynski, dédié à la propagande et à la souscription pour la fondation d’un premier phalanstère d’enfants, et géré par Simon Blanc.

20 janvier 1841 : Joseph Gauthier est déclaré en faillite.

Février 1841 : Zoé Gatti de Gamond propose à Arthur Young d’acheter le domaine de Cîteaux pour une expérimentation des théories de Fourier.

10 février 1841 : Considerant dote la société créée en juin 1840 d’une base théorique, le Manifeste de l’Ecole sociétaire.

8 mars 1841 : Young, Reverchon et Oudot visitent les bâtiments de Cîteaux.

16 mai 1841 : Arthur Young annonce à Victor Considerant sa décision de s’engager dans l’affaire de Cîteaux.

15 juillet 1841 : Jean Czynski confie la direction du Premier phalanstère à Eugène Stourm. Delarthe en devient gérant.

15-30 juillet 1841 : Victor et Julie Considerant passent des vacances à Etretat .

6 août 1841 : Constitution du groupe du Nouveau Monde, autour de Jean Czynski et de son journal.

27-28 août 1841 : Congrès de l’Union harmonienne à Cluny, qui décide la fondation d’une Union phalanstérienne dont Stanislas Aucaigne est élu président, et le maintien provisoire à Bordeaux de la Correspondance harmonienne, que certains veulent transférer à Cluny.

7 septembre 1841 : Signature du contrat d’achat de la propriété de Cîteaux.

20 septembre 1841 : Pfeiffer et un premier groupe de phalanstériens parisiens arrivent à Cîteaux.

novembre 1841 : Plus de cent personnes sont installées à Cîteaux.

15 décembre 1841 : Jean Czynski cède à titre gratuit la direction du journal Le Nouveau Monde à Arthur de Bonnard. Laurent Héronville en demeure gérant. Parution du dernier numéro du Premier phalanstère.

1841 : Fondation de l’Union industrielle du Sahy, au Brésil, par Benoît Mure et des phalanstériens lyonnais, pour l’essentiel des artisans prolétarisés par l’industrialisation.

1841 : La Franco-Texian Bill est introduite au Congrès texan par deux Français, Jean-Pierre Basterrèche et Pierre de Lassaulx. Le projet de loi prévoit l’implantation de huit mille familles de colons français au Texas ainsi que la construction et l’entretien de vingt forts militaires pendant vingt ans. Le projet de loi, soutenu par Dubois de Saligny et Sam Houston, est approuvé par la Chambre mais mourut au Sénat.

1841 : Création de la communauté de Brook Farm, à West Roxbury, Massachusetts. C’est la première colonie fouriériste implantée aux Etats-Unis.

1842

11 mars 1842 : Les statuts de Cîteaux sont déposés devant notaire.

Mars 1842 : Le groupe des Harmonistes (8 membres pour lesquels l’harmonie est la "relation affectueuse" qui les lie) tente de créer une Correspondance phalanstérienne
(1 circulaire et 1 numéro paraissent).

14 novembre 1842 : Considerant établit un projet de Plan budgétaire pour un quotidien.

1842 : Armand Ducos et Alexandre Bourgeois (« Chevalier d’Orvanne »), un spéculateur qui se fait passer pour noble, passent deux contrats de colonisation avec la République du Texas en vue d’établir 1200 familles et colons à l’ouest de San Antonio et 500 familles près de l’embouchure du Rio Grande. Aucune colonisation n’a lieu et en 1844, le « Chevalier d’Orvanne » vend le contrat, qui a expiré, à la Compagnie allemande d’émigration (Adelsverein), qui est flouée.

1842 : Snider de Pellegrini, impresario d’une société de colonisation française ne réussit pas à implanter des colons à Harrisburg et son entreprise échoue.

1842 : Fondation de Social Reform Unity aux Etats-Unis

1843

Janvier-septembre 1843 : La plupart des colons quittent Cîteaux.

Février 1843 : Jean Czynski reprend la direction du Nouveau monde. Arthur de Bonnard "dupe et victime de promesses mensongères n’a pu donner suite à ses projets" (Le Nouveau Monde, 1er février 1843). Fourdrin en devient le gérant.

17 mars 1843 : Lancement de l’appel qui définit les contours du futur quotidien de l’Ecole sociétaire.

10 juin 1843 : La société créée le 10 juin 1840 est éclatée en deux, la première conservant la charge de la librairie, des rééditions et des publications nouvelles. La seconde, complètement indépendante, est propriétaire exclusive du journal La Phalange, et est appelée « Société pour la transformation de La Phalange en journal quotidien ». Considerant est nommé gérant directeur à la tête de cette société.

Juillet 1843 : Considerant, Julie Considerant et Clarisse Vigoureux passent des vacances au Pouliguen.

1er août 1843 : Parution du premier numéro du nouveau quotidien de l’Ecole sociétaire, La Démocratie pacifique, dont les principes et la ligne sont exposés dans le Manifeste de la démocratie au XIXe siècle.

Août 1843 : Publication du Manifeste politique et social de La Démocratie pacifique.

Septembre 1843 : Parution de la Correspondance phalanstérienne (Groupe des harmonistes - Bulletin puis circulaire) gérée par le médecin Jounin. L’objet est de rallier ceux « qui moins confiants dans le présent, et d’ailleurs plus portés par leur position à ne compter que sur un essai minime dirigent leurs pensées et leurs espérances vers l’expérimentation » (Correspondance phalanstérienne, 1er septembre 1843, p. 5).

Septembre 1843 : Les membres du comité du Groupe des harmonistes (Jounin, Joffroy, Jouanne, Ac. Suin, Philardeau) transfèrent la tombe de Fourier avec l’aval de membres de la famille de Fourier. La Démocratie pacifique (18 septembre 1843) dénonce une intervention "à l’improviste et pour ainsi dire furtive" de "cinq personnes complètement étrangères aux travaux de l’école fondée par Fourier" et accuse les instigateurs de "violation" de sépulture (10 octobre 1843).

14, 15 et 16 novembre 1843 : Victor Hennequin, rédacteur de La Démocratie pacifique, évoque une alliance entre l’Église catholique et le socialisme.

Novembre 1843 : Considerant est élu au Conseil général de la Seine par l’électorat censitaire du Xème arrondissement, obtenant 643 voix sur 1264 votants et 2051 inscrits.

Décembre 1843 : Jean Czynski cède la direction du Nouveau Monde au médecin Jounin. A. Jounin, Ad. Jouanne et Joffroy constituent le comité de rédaction. Joffroy reprend le secrétariat du groupe des Harmonistes à la place de Jounin mais la Correspondance phalanstérienne cesse de paraître.

1843 : Création de la North American Phalanx à Red Bank, New Jersey.

1844

1844 : Parution du troisième et dernier tome de Destinée sociale de Considerant.

1844 : Fondation de Castroville.

Janvier et février 1844 : Parution de deux numéros de la nouvelle version du Nouveau monde, journal de l’essai sociétaire sur les enfants s’appuyant sur le projet de P.A. Guilbaud de fondation d’une phalange d’enfants. Le titre disparaît.

Mars 1844 : la brochure Société civile de Cîteaux présente la nouvelle organisation de la colonie.

12 avril 1844 : Considerant échoue à la députation dans le IXe arrondissement, obtenant 34 voix sur 581 suffrages.

14 novembre 1844 : Décès de Flora Tristan.

1844 : Fin de la Communauté oweniste de Queenswood. Owen démissionne et rejoint ses deux fils aux Etats-Unis, où il séjourne quelque temps.

1844 : Parution du Discours sur l’esprit positif d’Auguste Comte, sorte de manifeste de l’Ecole positiviste.

1844 : Fondation de la Clermont Phalanx, dans l’Ohio.

1845

1845 : Le fouriériste lyonnais Joseph Reynier fonde L’Echo de l’Industrie.

Octobre 1845 : Considerant donne une série de dix conférences à Bruxelles.

31 décembre 1845 : Acte de formation de la société l’Union agricole d’Afrique, chez Me Duchamp, notaire à Lyon.

1846

1846 : Le fouriériste lyonnais Joseph Reynier fonde L’Avenir.

28 mai 1846 : Première vente par adjudication du domaine de Cîteaux.

18 novembre 1846 : L’Union agricole du Sig obtient la concession de 3 059 hectares où se déroule de 1847 à 1850 un essai d’association capital-travail sous la direction de Jules Duval.

1846 : Considerant est candidat à la députation à Montargis, où il n’obtient que 91 voix sur 419 suffrages.

1846 : Fondation d’une nouvelle association (« la Société des cartonniers ») qui s’installe à Condé-sur-Vesgre, sur un domaine de 34 hectares ; les associés construisent une maison et créent un atelier de fabrication de carton.

1847

1847 : L’Ecole sociétaire transporte son siège de la rue de Tournon au 2, rue de Beaune, dans un hôtel particulier (l’hôtel Mailly-Nesles), qui donne à l’angle du quai Voltaire, où l’on installe la boutique phalanstérienne (25, quai Voltaire, dans l’immeuble où Voltaire mourut en 1778).

1847 : Considerant est à nouveau candidat aux élections législatives, à Montargis, où il est une nouvelle fois battu.

Janvier 1847 : Arthur Young et ses quatre frères partent pour l’Australie.

Mai 1847 : Le communiste Etienne Cabet décide d’implanter sa colonie d’Icarie au Texas. Le coup d’envoi de la campagne est lancé par un long article dans Le Populaire sous le titre « Allons en Icarie ! ». En même temps, Cabet fait paraître une brochure intitulée Réalisation de la communauté d’Icarie, qui expose le plan et invite les militants à se faire connaître au bureau du journal.

22 août 1847 : A la suite d’un article violent intitulé : « Une société qui tombe », dans lequel Considerant dénonce la corruption gouvernementale et annonce la chute du régime, La Démocratie pacifique est saisie.

23 août 1847 : Après la saisie de la veille, La Démocratie pacifique publie une réponse plus violente encore.

Septembre 1847 : Procès en cour d’assises et acquittement de La Démocratie pacifique et de son gérant, François Cantagrel, accusés « d’excitation au mépris du gouvernement » et « d’excitation à la haine contre diverses classes de citoyens ».

Fin 1847 : Fin de la communauté de Brook Farm.

Fin 1847 : Congrès de la Ligue des Communistes de Marx et Engels à Londres, qui décide de la rédaction du Manifeste communiste.

1848

Début 1848 : Considerant donne plusieurs conférences à Liège devant mille deux cents personnes.

22-24 février 1848 : Suite à des manifestations, puis à des émeutes, la monarchie est renversée ; un gouvernement provisoire est constitué ; il comprend Louis Blanc.

25 février 1848 : La Démocratie pacifique proclame en première page : « Vive la République ! ». Les conférences de Considerant à Liège sont interrompues, en raison des événements parisiens. Le soir, Considerant arrive à Bruxelles et, en toute hâte, gagne Paris.

25 février 1848 : Auguste Comte fonde l’Association libre pour l’instruction positive du peuple, placée sous la devise « Ordre et Progrès ».

25 février 1848 : L’ouvrier fouriériste Marche, le fusil à la main, porte à l’Hôtel de Ville la pétition rédigée par le rédacteur de La Démocratie pacifique, A. B. de Lancy, demandant le droit au travail et à un revenu minimum. Après une discussion houleuse, Louis Blanc rédige le décret dans lequel le Droit au travail est complété par le Droit à l’association.

26 février 1848 : La Démocratie pacifique proclame : « Pas de guerre civile, pas de bris de machines, respect de la propriété ! »

Février 1848 : Une première expédition de soixante-neuf icariens part pour le Texas, en l’absence de Cabet retenu quelques jours en prison, et se révèle être un pur désastre. On ne le sait que tard à Paris, d’où Cabet continue à organiser le départ des colons, au total 350 personnes.

1e mars 1848 : La Commission de gouvernement pour les travailleurs, installée au Palais du Luxembourg et présidée par Louis Blanc, tient sa séance inaugurale.

5 mars 1848 : Retour de Karl Marx à Paris, qu’il avait été obligé de quitter en 1845.

8 mars 1848 : Auguste Comte transforme l’Association pour l’instruction positive du peuple en Société positiviste, « société politique » nettement engagée dans le processus de la « grande révolution ».

23 avril 1848 : Elections au suffrage universel masculin de l’Assemblée constituante. Considerant, candidat républicain socialiste dans le Loiret, est élu dernier de sa liste. Dans la Seine, il obtient également 29.000 voix derrière Lamartine et Pierre Leroux, mais devant Cabet.

4 mai 1848 : Considerant s’installe à l’Assemblée.

16 mai 1848 : Dissolution de la Commission du Luxembourg, présidée par Louis Blanc.

3 juin 1848 : La seconde phalange des colonisateurs cabétiens du Texas quitte la France.

24 juin 1848 : Considerant dépose à l’Assemblée une proclamation rédigée en collaboration avec Jules Simon et Louis Blanc, dans le but d’obtenir une attitude modératrice à l’égard de l’insurrection. Cette initiative échoue. L’état de siège est voté ainsi que les pleins pouvoirs à Cavaignac.

16-19 octobre 1848 : Le Congrès phalanstérien se tient à Paris sous la présidence de Considerant.

15 décembre 1848 : Fondation de la Société des amis de la Pologne démocratique, à laquelle Considerant participe et dont il devient membre du bureau et trésorier.

1848 : Fondation par Auguste Comte de la Société positiviste.

1849

Janvier 1849 : Cabet arrive à la Nouvelle-Orléans. Après deux jours de discussions violentes, 290 personnes le suivent pour s’installer à Nauvoo, Illinois, dans les anciens bâtiments abandonnés des Mormons.

10 février 1849 : Parution du dernier numéro de The Harbinger, l’organe officiel hebdomadaire de l’American Union of Associationists.

14 avril 1849 : Considerant dépose - sans succès - une proposition de loi tendant à faire financer par l’Etat l’expérience d’une commune sociétaire, et « interpelle le gouvernement sur les moyens qu’il entend utiliser pour prévenir les dangers révolutionnaires », selon les termes de Félix Armand. Il s’agit d’installer de 500 à 550 personnes sur un terrain à proximité de Paris. L’Etat aurait construit à ses frais les bâtiments d’administration et d’exploitation, dont la propriété lui aurait fait retour à la fin de la concession. L’assemblée ne discute même pas ce projet.

29 avril 1849 : Au banquet des « prêtres socialistes » organisé par La Démocratie pacifique, le 29 avril 1849, à Paris, sous la présidence de l’abbé Tranchant, assisté des abbés Percy et de Montlouis, Victor Hennequin porte un toast « à l’union de la démocratie et du christianisme ».

7 mai 1849 : Considerant dépose à l’Assemblée une proposition demandant la mise en accusation du Président et de ses ministres pour avoir violé la Constitution en ordonnant l’expédition de Rome.

13 mai 1849 : Elections législatives, dont les républicains modérés sont les grands perdants. Cantagrel et Considerant sont élus.

11 juin 1849 : Ledru-Rollin interpelle à son tour le gouvernement en termes violents, invoquant la Constitution violée et menacée. Une réunion des chefs de la Montagne se tient dans les locaux de La Démocratie pacifique. Ils rédigent une proclamation qui appelle la garde nationale, les fonctionnaires et l’armée à refuser obéissance au gouvernement.

12 juin 1849 : Parution de la proclamation rédigée la veille, qui en même temps appelle à une manifestation pour le lendemain, mercredi 13 juin 1849, à onze heures au Château-d’Eau.

13 juin 1849 : La manifestation est dispersée rue de la Paix par la cavalerie. Un groupe, comprenant Ledru-Rollin, Considerant et quelques autres députés montagnards, réussit à se retrouver au Conservatoire des Arts et Métiers. Une tentative de gouvernement provisoire est semble-t-il ébauchée, mais la troupe et la garde nationale bourgeoise envahissent les locaux. Considerant réussit à s’enfuir et à se cacher dans Paris. Les imprimeries des journaux démocratiques sont saccagées, dont celles de La Démocratie pacifique.

4 juillet 1849 : Considerant, Ledru-Rollin et Etienne Arago réussissent à gagner la Belgique. Tandis que Considerant peut rester en Belgique, où son épouse et sa belle-mère le rejoignent, Ledru-Rollin doit gagner l’Angleterre.

Juillet 1849 : Considerant rédige ses Simples explications, dans lesquelles il s’efforce de justifier sa conduite.

13 juin 1849 : Arrestation d’Allyre Bureau.

Novembre 1849 : Bureau sort de prison et reprend en mains La Démocratie pacifique.

15 novembre 1849 : Considerant et les chefs du 13 juin sont condamnés par contumace à la déportation par la Haute Cour de justice.

1850

Début 1850 : à Condé-sur-Vesgre, départ des associés (« la société des cartonniers »).

Avril 1850 : Considerant quitte une nouvelle fois Bruxelles, où les autorités s’inquiètent de sa présence. De l’été 1850 à l’hiver 1852, la famille Considerant, ayant abandonné toute vie publique, erre de location en location, en Wallonie, le long de la Meuse.

22 mai 1850 : Interruption momentanée de la parution de La Démocratie pacifique, qui dure jusqu’au 4 août 1850.
Octobre 1850 : Considerant abandonne la gérance de La Démocratie pacifique.

1850 : à Condé-sur-Vesgre, des fouriéristes louent la maison et le domaine laissés par la « société des cartonniers », et s’y installent en formant un Ménage sociétaire.

1851

30 novembre 1851 : Parution du dernier numéro de La Démocratie pacifique, pourchassée par le régime, frappée de procès et d’amendes.

1852

Mars 1852 : Considerant écrit à Bureau : « Je pense comme vous que nous sommes désormais en face de notre objet capital et que nous devons entrer par un commencement pratique et préparatoire dans l’œuvre de réalisation ».

Mai 1852 : Brisbane se rend à Bruxelles pour discuter avec Considerant, qui accepte finalement de l’accompagner en Amérique.

1er décembre 1852 : Considerant embarque à Liverpool (ou bien à Anvers le 28 novembre).

14 décembre 1852 : Arrivée à New York de Victor Considerant. Brisbane l’y rejoint et les journalistes de New-York lui font une réception.

1852 : Création de la Société agricole et maison de santé et de sevrage de Beauregard, par Henri Couturier, à Vienne (Isère), à partir de la Société des travailleurs unis, dissoute après le coup d’État du 2 décembre 1851.

1853

1853 : Séjour de six semaines dans la North American Phalanx (New-Jersey), où il rencontre F. L. Willemet.

1853 : Considerant visite New-York, Boston, Oneida, les bords du lac Erié et du Niagara.

Avril 1853 : Considerant rejoint Brisbane à Batavia, dans l’Ouest de l’Etat de New York.

30 avril 1853 : Considerant et Brisbane quittent ensemble les bords du lac Erié pour se diriger vers la frontière nord du Texas.

Mai-août 1853 : Voyage de Considerant à l’intérieur des Etats-Unis.

3 mai 1853 (?) : Considerant rencontre Allen chez lui, à Patriot (Indiana), village situé sur la berge de l’Ohio. Il l’assure de son soutien.

Mai 1853 : A Cincinnatti, ils sont reçus par des amis phalanstériens. Puis ils s’embarquent sur l’Ohio, qu’ils descendent. Puis le Mississipi. Ils remontent ensuite l’Arkansas jusqu’à Little Rock.

27 mai 1853 : Considerant et Brisbane arrivent à Preston, puis remontent la Red River. Ils arrivent enfin à Fort Smith, traversent le Poteau et s’enfoncent dans les « Terres vierges ». Pendant six semaines, ils visitent les régions situées sous la Red River, aux environs de Trinity River (où se trouve aujourd’hui Dallas) et du Brazos, puis descendent au sud sur le Colorado, jusqu’à Austin, à l’est jusqu’à la Baie de Galveston. Puis ils se rendent à La Nouvelle-Orléans où la fièvre jaune retient Considerant quinze jours.

20 juillet 1853 : Depuis le Texas, Considerant écrit aux fouriéristes français pour les presser de former une société de colonisation aussi vite que possible (Considerant à Bureau).

5 août 1853 : Retour à New-York de Considerant, après avoir touché à La Havane.

18 août 1853 : Décret impérial qui réduit le territoire concédé à l’Union du Sig de 3059 ha à 1792 ha. Mais l’Union a désormais la propriété définitive de ses terres.

29 août 1853 : Retour en Europe (débarquement à Ostende). « En apprenant son retour, les disciples en foule, accourent en Belgique. Pressé par l’Ecole, Considerant publie un exposé et ouvre une souscription. »

Fin août 1853 : Savardan se rend à Bruxelles pour défendre ses vues auprès de Considerant, celles d’un passage rapide à une tentative phalanstérienne. La réaction de Considerant n’est pas enthousiaste.

Fin novembre 1853 : Considerant achève de rédiger Au Texas.

Fin décembre 1853 : Réunion à Bruxelles, avec Considerant, Bureau, Godin, Savardan et Burkli : un accord est conclu et une « convention provisoire » rédigée, assignant une double fonction à la future Société : contribuer à l’effort de colonisation, poser « un premier jalon sur la route qui mène à l’Association intégrale ». Durant cette réunion furent également discutée la date des départs et la composition des groupes.

1854

6 février 1854 : Considerant renvoie à Paris les épreuves corrigées de Au Texas. Rapport à mes amis.

Début mai 1854 : Parution de Au Texas.

Début juin 1854 : Une centaine d’offres de participation sont déjà parvenues. Ce chiffre passe à deux-cents en août.
août 1854 : Considerant est jeté en prison par la police belge, qui avait conçu quelques soupçons au sujet d’une commande de fusils.

30 août 1854 : Considerant fait paraître Ma justification, brochure dans laquelle il explique l’opération du Texas.
26 septembre 1854 : Fondation à Bruxelles de la Société européenne de colonisation du Texas, sous la forme d’une société de commandite par actions, dont le siège est à Paris, rue de Beaune. Allyre Bureau en est nommé premier gérant, secondé par Guillon et Godin-Lemaire. Les statuts en sont rédigés par Considerant et Cantagrel. Victor Considerant en est nommé agent exécutif au Texas, et Savardan secrétaire. Godin-Lemaire en est le principal actionnaire.

Septembre 1854 : Un incendie détruit les moulins, les bureaux et plusieurs ateliers appartenant à la North American Phalanx ; ensuite, ses membres commencent à envisager différents plans de liquidation. Son président, Charles Sears, et Arthur Young, proposent à Considerant d’en faire une étape sur la route du Texas. Le projet est abandonné.

Octobre 1854 : Afin de rassembler des soutiens, Brisbane publie The Great West, traduction abrégée de Au Texas.

3 octobre 1854 : Cantagrel prend la tête du premier groupe de colons qui s’embarque à Ostende. La veille d’accoster à New York, sa femme accouche d’une petite fille.

27 octobre 1854 : Arrivée à New York de Cantagrel, en compagnie du Docteur Roger, où il apprend que le mouvement de colonisation se développe rapidement au Texas. Il se rend d’abord à Washington, et essaye d’obtenir une entrevue avec le Président Pierce. Puis il se rend à Cincinnatti, où Allen le rejoint, ainsi que quelques volontaires qui forment le premier noyau de colonisation. Ils embarquent sur le vapeur Highflyer, puis sur le Norma, qu’ils quittent à Memphis. Ils partent à cheval à travers l’Arkansas pour rallier Fort Worth.

22 décembre 1854 : Allen, accompagné de Cantagrel, d’un Belge, Edmond Roger et d’un jeune New-yorkais, Arthur Lawrie atteint la rive texane de la Red River.

25 décembre 1854 : Cantagrel et ses compagnons atteignent Paris, Texas.

Décembre 1854 : Vincent Cousin et onze autres colons berges et français s’embarquent sur l’Ariel (ou le Lexington ?) à destination de la Nouvelle-Orléans (au total, 6 Belges et 6 Français).

29 décembre 1854 : Arrivée à Dallas de Cantagrel.

1854 : James T. Fisher de Boston et Benjamin Urner de Cincinnatti collectent de l’argent en vendant des publications fouriéristes. Brisbane, Urner, Marx Lazarus et Thomas Durant acquièrent des actions. Nicholas Trist fournit une contribution financière de plus de 1000 dollars et apporte son aide en matière juridique.

1855

1855 : John B. Louck et 150 fouriéristes partent d’Anvers sur l’Ariel pour rejoindre Reunion.

Janvier 1855 : Le premier groupe de Suisses embarque au Havre. Parmi eux, Jacques et Robert Nussbaumer.

14 ou 15 janvier 1855 : Considerant, en compagnie de son épouse Julie et de sa belle-mère Clarisse Vigoureux, embarque à Ostende (ou au Havre sur le navire Union).

Février 1855 : Cantagrel achète les premiers terrains pour le compte de la Société européenne de colonisation. La propriété fait 2400 arpents (960 ha), le long de la Trinity River, à quelques miles à l’ouest du village de Dallas. Il est aidé par John Allen, qui prend la tête d’un groupe d’une douzaine d’Américains partis en éclaireurs pour défricher les champs et planter les semences.

4 février 1855 : Arrivée à New York de Considerant.

Février 1855 : Séjour à New-York de Considerant, qui y entreprend diverses démarches. Il y rencontre Paul Henri, et Frederic L. Olmsted, qui lui conseille de se réinstaller à San Antonio avec les Allemands qui formaient une enclave de travailleurs libre à Neu Braunfels, Texas.

1er février 1855 : Considerant rencontre Arthur Young.

19 février 1855 : Considerant part de New York pour Washington, où il rencontre plusieurs membres du Congrès, et rédige son Adresse au peuple américain. Il y reste jusqu’à début avril, en compagnie de César Daly qui l’y a rejoint.

20 février 1855 : Le Lexington arrive à La Nouvelle-Orléans. Vincent Cousin et les autres colons y sont accueillis par Kalikst Wolski.

28 février 1855 : Emportant un matériel considérable, Savardan part du Havre en compagnie de 43 autres volontaires, à bord du Nuremberg.

Début mars 1855 : Arrivée à Reunion de Cantagrel, avec le Docteur Roger et onze autres fouriéristes. Ils s’activent à préparer l’accueil des groupes dont l’arrivée est annoncée, avec l’aide notamment de Lucien Bourgeois et Vincent Cousin.
Mars 1855 : Cantagrel achète la « ferme de Houston » destinée à devenir une pépinière.

Avril 1855 : César Daly, ami personnel de Considerant, rejoint celui-ci à Washington, en vue d’y négocier avec le gouvernement fédéral.

Avril 1855 : Considerant publie un petit opuscule, European Colonization in Texas, adressé au peuple américain et édité à New York, dans lequel il tente de réfuter les arguments antifouriéristes.

12 avril 1855 : Le groupe placé sous la direction de Karl Burkli, composé de 31 phalanstériens helvétiques, embarque à Brême sur le Franciska, pour rejoindre la Colonie de Reunion. Parmi eux : Heinrich Frick, avec son épouse et ses deux enfants ; Benjamin Lang.

14 avril 1855 : Départ de New York de Considerant, par vapeur, en direction de La Nouvelle-Orléans. Avec lui, sa femme, sa belle-mère, la femme de Cantagrel et sa fille âgée de quelques mois, Daly, et deux autres Français, Maguet et Willemet, dont Considerant avait fait la connaissance à la North American Phalanx.

20 avril 1855 : Arrivée du groupe de Savardan à La Nouvelle-Orléans.

28 avril 1855 : Arrivée à La Nouvelle-Orléans de Considerant, où il retrouve Savardan et son groupe. Il séjourne chez un ami, Jules Juif.

3 mai 1855 : Arrivée à Reunion du groupe conduit par Cousin et Wolski, comprenant une trentaine de colons français et belges .

8 mai 1855 : Arrivée à Galveston de Considerant, quelques jours après Savardan. Interview d’un journaliste du Galveston Civilian. Après quelques jours passés à Galveston, les deux groupes se remettent en route, en empruntant des bateaux différents, remontant le bayou Buffalo jusqu’à Houston. Là, les deux groupes firent une pause d’une semaine.

17 mai 1855 : Le groupe de Considerant se sépare du groupe de Savardan et le devance sur la route de Reunion.

30 mai 1855 : Arrivée à Reunion de Victor Considerant, accompagné de sa femme et de sa belle-mère, de l’épouse de François Cantagrel, de César Daly.

Eté 1855 : Arrivée à Reunion de F. L. Willemet.

Juin 1855 : Brisbane commence à faire circuler un plan de fondation d’une communauté fouriériste rivale composée exclusivement d’Américains fortunés.

4 ou 5 juillet 1855 : Arrivée à Reunion du groupe placé sous la direction de Karl Burkli. Il ne compte plus que 26 membres, car une fois en Amérique, Burkli a estimé que cinq d’entre eux n’étaient peut-être pas « aptes aux rudes travaux des commencements ». Par ailleurs, Henri Bachman, membre du groupe Burkli, se noie au cours du voyage qui devait le mener à Reunion.

15 juillet 1855 : Arrivée à Reunion du groupe placé sous la direction du Docteur Auguste Savardan.

20 juillet 1855 : Hippolyte Baret fait l’objet d’une « sentence d’expulsion » de la part de Considerant. Il repart un mois plus tard pour la France avec Rouby.

Mi-juillet 1855 : La Colonie de Reunion regroupe 128 personnes.

juillet 1855 : Les Belges et quelques-uns des Français commencent à se quereller.

août 1855 : La principale source dont dépendait la Colonie s’assèche, et il devient nécessaire de transporter l’eau sur des distances importantes.

Début août 1855 : Décès de deux colons : Vezian, un ancien officier âgé de 25 ans, et Rupert, un journaliste parisien d’origine suisse.

7 août 1855 : La Société des propriétaires de Reunion est constituée pour gérer le domaine de Dallas, qui lui est cédé. La Société de Colonisation est propriétaire de la moitié des parts, l’autre moitié devant être partagée entre les colons. A cette date, il y a 128 colons, mais seulement 95 d’entre eux rejoignent la nouvelle société. François Cantagrel en est nommé directeur. A ce titre, il participe au Conseil d’administration et rend des comptes à la Gérance. En l’absence de Considerant, c’est lui qui assume l’essentiel de la responsabilité de la Colonie.

Août 1855 : Sur les 33 colons qui n’acceptent pas les termes fixés par Considerant, une douzaine achètent des terres et se mettent au travail pour créer leur propre village, baptisé Mutuelle, à l’ouest de Dallas sur la route de Fort Worth.

14 août 1855 : Election des membres du Conseil d’administration. Parmi eux : Vincent Cousin, proche de Considerant ; John B. Louck, Augustin Savardan.

Août 1855 : Des fouriéristes américains originaires de New York, désireux d’apporter leur aide au projet, forment la Texas Emigration Union, dont le but est de faire connaître la Colonie et de recruter des membres américains.

Fin août 1855 : Deux autres colons décèdent.

26 septembre 1855 : Décès à Reunion de Robert Nussbaumer, qui a contracté la fièvre jaune en travaillant au défrichage et à la mise en culture de la ferme-relais acheté à Houston.

Octobre 1855 : Arrivée du Suisse Bürkli à Reunion, accompagné d’une trentaine de compatriotes.

Octobre 1855 : César Daly quitte Reunion, afin de retourner en France. Mais arrivé à Fort Washita (Oklahoma), il tombe malade, ce qui le force à revenir sur ses pas.

Octobre 1855 : Persuadé que l’expérience va à l’échec et qu’il faut liquider la Colonie, Considerant part pour Austin, puis San Antonio, Sa femme et sa belle-mère restant à Reunion. A Austin, il est en compagnie de César Daly (qui le rejoint en décembre) et de Roger, qui lui servent d’interprètes. Daly y fait la connaissance de nombreux sénateurs du Texas et de journalistes, dont il sut se faire apprécier. Mais il repart quelques temps plus tard, décidant de visiter l’Amérique centrale avant de rentrer en France. Considerant, quant à lui, ne revint à Reunion qu’au printemps suivant.

11 novembre 1855 : Jean Loupot, en compagnie de son oncle François Loupot, quitte Anvers pour se rendre à Reunion.

16 novembre 1855 : Charles Bussy et Kalikst Wolski quittent Reunion.

Décembre 1855 : Arrivée à Austin d’Amédée Simonin, dépêché par la Gérance pour voir ce qui ne va pas. Il y rejoint Considerant.

12 décembre 1855 : Jean et François Loupot arrivent à La Nouvelle-Orléans et partent aussitôt pour Galveston. Une fois dans cette ville, faute de moyen de transport, ils décident de gagner Reunion à pied, mais doivent rapidement revenir sur leurs pas. Finalement, ils trouvent une barge qui les emmène jusqu’à Newport, ce qui les oblige à couvrir à pied les 150 miles les séparant encore de leur but. François Loupot, malade, est contraint de s’arrêter à Palestine (Texas).

Décembre 1855 : La Communauté icarienne de Nauvoo entre dans une grave crise.

Fin 1855 : Auguste Guillemet part avec sa famille pour rejoindre Reunion.

Fin 1855 : Arrivée à Reunion de Paul Henri et de sa famille.

1855 : Frédéric Le Play fait paraître Les ouvriers européens, sa première publication de science sociale.

1856

Début 1856 : Déçus de l’échec de Reunion, un certain nombre de colons tentent de créer une autre colonie à Mountain Creek. Parmi eux : John B. Louck.

Début 1856 : Arrivée à Reunion de Jean Goetsels, accompagné de sa femme et de ses trois filles. Il rejoint en fait son fils Philippe à Montain Creek, qu’il se hâta de racheter à Sauzeau.

Janvier (?) 1856 : Considerant ayant refusé son accord pour la mise en route d’une tannerie, Burkli, découragé, quitte la Colonie et part en Amérique centrale.

Début février 1856 : A la fin de la session de la législature, Considerant se met en route avec Daly et Supervielle pour inspecter une propriété, le long de la rivière Sabinal, dans le canon d’Uvalde, à 80 miles à l’ouest de San Antonio. Il séjourne environ 6 semaines à San Antonio, jusqu’à la mi-mars.

Février 1856 : Arrivée à Reunion de Guillemet et de sa famille. Sa femme, excellente couturière, a apporté avec elle une malle pleine de tissus de la meilleure qualité.

24 février 1856 : Arrivée à Reunion de Jean Loupot, qui a laissé son oncle malade à Palestine (Texas).

24 mars 1856 : Retour à Reunion de Considerant.

Printemps 1856 : Pierre Frichot, qui est retourné en France chercher sa famille et celle de son frère, repart du Havre.
Avril 1856 : Considerant écrit à Raisant, qui s’occupe de la ferme de Houston, pour qu’il s’efforce de convaincre les nouveaux arrivants de rebrousser chemin. Il dépêche Roger en France pour expliquer aux gérants qu’aucun nouvel arrivant ne saurait désormais être accepté.

7 avril 1856 : Banquet à Reunion, pour célébrer l’anniversaire de la naissance de Fourier : discours et toasts.

Début mai 1856 : Une bise glaciale cause de fortes gelées, qui anéantirent les récoltes en herbe et les jardins. Il fait si froid que la rivière Trinity est prise durant trois jours dans les glaces.

7 mai 1856 : Le Conseil d’administration de la Société de Reunion, sur la recommandation de Considerant et contre l’avis de Savardan et Cantagrel, vote pour que la possibilité soit donnée aux actionnaires d’échanger leurs parts contre des terres. Cela marque clairement l’abandon de toute tentative de création d’une association fouriériste à Reunion.

10 mai 1856 : Arrivée à Reunion d’Athanase Cretien et de sa femme. Cretien y travaille à la fabrication de rouets, puis monte une tannerie qui permet la fabrication de harnais et de chaussures pour les enfants. Ayant récupéré de vieux outils lors de la démolition du premier tribunal de Dallas, il les retrempe afin qu’ils puissent servir aux colons.

30 mai 1856 : Arrivée à Reunion d’Edmond Achard.

Mai 1856 : Arrivée à Reunion de François Santerre. Parti du Havre avec plusieurs autres familles et arrivé à Galveston après 60 jours de traversée, il a rencontré Raisant à Houston, qui sur instruction de Considerant s’est efforcé de les persuader de faire demi-tour.

Début juin 1856 : Démission de Simonin.

Eté 1856 : Arrivée à Reunion d’Emile Rémond, via Houston, qui rejoint son demi-frère Jean Priot.

Eté 1856 : Retour à Reunion de Pierre Frichot, avec sa famille et celle de son frère.

6 juillet 1856 : Ne s’entendant plus avec Considerant et en butte, selon Savardan, à la haine de Roger et Cousin, Cantagrel démissionne de son poste de directeur. Il proteste ainsi contre le refus de Considerant de rémunérer les colons qui quittent la communauté. Savardan démissionne de ses responsabilités en même temps que lui, pour protester contre l’incurie de Considerant. Ce dernier prend en charge les négociations avec les colons, et trouve un accord au terme duquel il leur serait versé la moitié des salaires précédemment retenus.

8 juillet 1856 : Considerant et Cousin disparaissent sans crier gare, alors que doit être signée dans la matinée la convention dédommageant les membres de la Colonie en leur cédant la moitié des parts réservées. Considerant s’installe alors à San Antonio.

21 juillet 1856 : Heinrich Boll épouse Elizabeth Knoepfli, dont il a fait la connaissance à Reunion.

3 août 1856 : Cantagrel repart pour l’Europe.

27 août 1856 : Auguste Guillemet est chargé par une lettre de la Gérance, signée Bureau, de contrôler les dépenses aux côtés de Savardan et Doderet. Il s’occupe notamment des dépenses du restaurant.

1er septembre 1856 : La déclaration enregistrant la Société de colonisation est votée par les deux chambres du Texas et signée par le Gouverneur.

25 septembre 1856 : La situation commençant à se dégrader dangereusement à Reunion, Allyre Bureau, qui parle anglais, embarque sur le François Arago, pour se rendre à Reunion avec sa famille, dépêché par la Gérance.

Octobre 1856 : La crise de la Communauté icarienne de Nauvoo, entamée en novembre 1855, se termine par la déchéance de Cabet. La minorité quitte Nauvoo sous sa direction, et s’installe à New Bremen.

8 novembre 1856 : Décès d’Etienne Cabet à New Bremen.

4 décembre 1856 : Arrivée à La Nouvelle-Orléans d’Allyre Bureau, qui y séjourne une semaine.

19 décembre 1856 : Arrivée à Austin d’Allyre Bureau, en diligence.

23 décembre 1856 : Tandis que sa famille s’installe à Austin, Bureau se rend à San Antonio pour y rencontrer Considerant, qui songe alors à liquider Reunion pour tenter une nouvelle expérience dans les canons d’Uvalde. Il se met ensuite en route pour Reunion.

Décembre 1856 : Arrivée à Reunion de Jacques Reverchon, en compagnie de son fils Julien.

1856 : La législature du Texas refuse d’accéder à la demande de Considerant de bénéficier d’un don gratuit de terres. La seule concession accordée est d’autoriser l’incorporation de la Société de colonisation ; avec cette restriction toutefois que la compagnie ne peut pas interdire l’esclavage sur ses terres.

1856 : Fondation de la Société d’Economie Sociale par Frédéric Le Play.

1856 : Fondation à Ry (Seine-Maritime) d’une société de secours mutuel, l’Unité fraternelle, par le fouriériste Adolphe Jouanne

1857

17 janvier 1857 : Arrivée à Réunion d’Allyre Bureau. Il est consterné par la situation qu’il y découvre.

26 janvier 1857 : Bureau convoque une assemblée générale de la communauté pour discuter de la question des « parts réservées », qui dégénère.

28 janvier 1857 : Allyre Bureau fait apposer dans la Colonie une affiche annonçant qu’elle est dissoute et que les affaires seront reprises en main par la Société générale. Il est décidé que chaque colon recevrait des « bons de travail » pour une somme équivalente à la moitié de son salaire depuis août 1855. Bureau tombe ensuite en état de prostration. Alexis Bsocsard et Willemain annoncent la mauvaise nouvelle à Savardan.

31 janvier 1857 : Elaboration du règlement d’atelier dans les établissements Godin à Guise : il confère à des délégués élus au sein du personnel l’administration d’un fonds de secours mutuel alimenté par les amendes. Le comité de six membres, désigné à cet effet tous les six mois par le suffrage, « pouvait être appelé (art. 30) à donner son avis sur les mesures qui seraient prises en vue de l’amélioration du bien-être des ouvriers attachés à l’établissement ».
3 février 1857 : Une Commission consultative est constituée, qui est chargée de soutenir Bureau dans son travail. En font notamment partie Alexis Bsocsard, Auguste Brochier, Charles Capy, Athanase Crétien, Jean Loupot, Augustin Savardan. Mais Jean Loupot, désireux de se faire rembourser intégralement en argent les parts qu’il avait souscrites, s’en retire dès sa première réunion.

14 ou 15 février 1857 : Retour à Reunion de Cousin, dès qu’il appris la maladie de Bureau. Il se comporte alors comme le « véritable exécuteur des volontés de Considerant ».

4 mars 1857 : Arrivée à Reunion de Mme Bureau, avertie de l’état de santé de son mari.

6 mars 1857 : Départ de Reunion d’Allye Bureau et de sa femme, qui se rendent à Austin.

Mars 1857 : Cousin remplace Bureau, qui lui avait délégué ses pouvoirs avant son départ pour Austin. La Commission consultative est supprimée par Cousin. Selon Savardan, Cousin s’est efforcé d’isoler Bureau, au point d’ouvrir le courrier qui lui était destiné.

25 mai 1857 : Ayant récupéré, Allyre Bureau va passer trois semaines avec Considerant à San Antonio, et visite les canons d’Uvalde.

Mi-août 1857 : Départ de Reunion de Savardan, déçu et amer. En route pour la France, il fait étape chez Jacques Nussbaumer qui s’est installé à Dallas et y a fondé une ferme. Il entreprend ensuite un vaste périple à l’intérieur des Etats-Unis, passant par Memphis, Chicago, Detroit.

septembre 1857 : Mort d’Auguste Comte.

4 octobre 1857 : Savardan embarque à New York, sur l’Ariel, à destination du Havre.

21 octobre 1857 : Savardan est de retour en France.

Octobre 1857 : Début de la parution du Bulletin du mouvement sociétaire, publication fouriériste d’inspiration garantiste.

Novembre 1857 : Voyage Austin-Houston d’Allyre Bureau.

1857 : Fondation d’une Société lyonnaise de capitalisation, par François Barrier.

1857 : Considerant s’efforce d’expliquer son échec dans un livre intitulé Du Texas (Paris, Librairie sociétaire).

1857 : La dépression économique atteint durement les colons icariens restés à Nauvoo. La gérance, alors présidée par J. B. Gérard, examine alors lucidement la situation et conclut qu’il faut abandonner ce lieu pour se replier à Corning, au sud-ouest de l’Iowa.

1858

Début janvier 1858 : Retour à Reunion d’Allyre Bureau, où il a fait l’acquisition de trois terrains. Il apporte avec lui tous ses meubles venus de Paris, y compris un piano. Il reprend alors avec V. Cousin l’administration de Reunion. Il était prévu qu’après avoir achevé l’inventaire de fin d’année, Cousin ira rejoindre Considerant à San Antonio pour commencer le relevé cadastral des terres de l’Ouest. Selon Savardan, il vend à des prix « usuraires » des terres de Reunion aux colons qui désirent rester Il aurait même fait l’objet d’une instruction devant le grand Jury de la cour de Dallas le 17 juillet 1857, mais malgré des observations sévères et menaçantes sur certains détails de son administration pouvant compromettre les intérêts des colons et des voisins de la Colonie, l’affaire est rapidement classée.

Fin février 1858 : Départ de Reunion de Julie Considerant et Clarisse Vigoureux. Elles rejoignent Victor à San Antonio.
Avril 1858 : Arrivée à Reunion de toute la famille d’Allyre Bureau. Aidé par ses fils, il cultive la terre, s’efforçant par ailleurs d’animer la vie artistique et culturelle de la Colonie. Chargé de l’administration et de la gestion du magasin (dernier vestige du centre collectif), il se rend deux ou trois fois par an à Houston pour y faire des achats.

Mai 1858 : A la suite d’une nouvelle visite de Bureau, Considerant, qui a obtenu une autorisation de séjour temporaire en France, retourne à Paris pour tenter de lancer une nouvelle souscription, dans le but de financer l’acquisition de terrains. A la gare de Valenciennes, la première personne qu’il rencontre est Thiers. La rencontre impromptue se passe paisiblement.

Mai 1858 : Sous la conduite de Mercadier, élu à la présidence en remplacement de Cabet, cent cinquante cabétistes quittent New Bremen (Saint-Louis) pour aller se fixer à 6 miles à l’ouest. Après quelques années de paix, ils sont ruinés par la guerre de Sécession. En 1863, la fermeture du bureau icarien de Paris leur porte le coup de grâce.

Eté 1858 : Considerant passe quelques jours à Ville-d’Avray, chez la cousine de sa femme, Clarisse Coignet, pendant lesquels il traverse une grave crise de mélancolie.

Automne 1858 : Publication d’un nouveau volume des Manuscrits de Fourier.

1858 : Savardan publie son livre-témoignage, Un naufrage au Texas.

1858 : Proudhon fait paraître La justice dans la Révolution et dans l’Eglise.

1858 : Fondation de la Fourier Phalanx, dans l’Indiana

1859

1859 : François Loupot repart pour la France.

Mi-janvier 1859 : N’ayant guère obtenu d’écho à sa souscription, Considerant repart pour le Texas.

Janvier 1859 : Saisie du dernier volume des Manuscrits de Fourier, et poursuite contre Bourdon, pour « outrages à la morale publique et aux bonnes mœurs ».

Avril 1859 : Fondation du Familistère de Guise, par Jean-Baptiste Amédée Godin : Godin jette les fondations de l’aile gauche de Familistère.

octobre 1859 : Allyre Bureau contracte le choléra à Houston, où il fait des achats pour la Colonie. Il meurt en quelques jours, sur la route du retour. Alexis Bsorcsard lui succède à la direction de la colonie, jusqu’à la réforme des statuts de 1861, qui en fait une société américaine.

1860

Décembre 1860 : Fin de la parution du Bulletin du mouvement sociétaire.

Juillet 1860 : les fouriéristes formant le Ménage sociétaire de Condé-sur-Vesgre, aidés par des condisciples, achètent le domaine qu’ils occupent depuis 1850.

1861

Janvier 1861 : Début de la publication des Communications familières du doyen, par Just Muiron. Leur parution continue jusqu’en août 1862.

1er novembre 1861 : « Colloque » ou « Congrès phalanstérien » organisé au domicile de Just Muiron, à Besançon.

Novembre 1861 : Liquidation de la Société Brunier et Cie, détentrice de la Librairie sociétaire.

1861 : Création des deux conseils élus du Familistère de Guise. La population prend possession de l’aile gauche du Familistère. A cette occasion, Godin invite les locataires du nouvel édifice à élire deux conseils, composés l’un de douze hommes, l’autre de douze femmes, et chargés « de représenter tous les habitants de Familistère dans les questions d’économie domestique commune ». Sont électeurs « tous les individus arrivés à l’âge de se suffire par leur capacité de travail, après leur sortie des écoles. A défaut de ce brevet de capacité, le minimum d’âge fut fixé à 16 ans pour les deux sexes » (Godin, Solutions sociales).

1861 : Cantagrel est nommé agent européen de la Société nouvellement créée. Julien Reverchon est nommé Délégué du Conseil de surveillance auprès de Bsocsard, qui est chargé de vendre tout ce qui restait des terres de la colonie et de rentrer à Paris avec ces fonds. Comme les coupures confédérées qu’il a dû accepter en guise de paiement paraissent devoir rapidement perdre toute valeur, les créanciers de la société décident, en guise de dédommagement, de faire saisir les biens appartenant aux colons. Mais comme tous ou presque ont réalisé la totalité de leurs biens avant de partir aux Etats-Unis, seul Michel Thévenet voit ses avoirs personnels saisis.

1861 : Fondation par Jouanne à Ry (Seine-Inférieure) du « Service d’approvisionnements économiques », coopérative de consommation ; cet établissement disparaît en 1867 ou 1868.

1861 : la Société agricole et maison de santé et de sevrage de Beauregard (Vienne, Isère) prend le nom de Société agricole et industrielle

1862

1862 : Inauguration des écoles et du pavillon central du Familistère de Guise.

1862 : Publication par Nicolas Ferbus de A Condé ! Lettre à mes amis, appelant à la réorganisation de l’École sociétaire
Avril 1862 : Rachat par Barrier et Donnedieu de Saint-André du fonds de la Librairie sociétaire.

1863

1863 : A Guise, à l’occasion de la première Fête de l’Enfance, célébrée le premier dimanche de septembre, sont distribuées les récompenses méritées par l’élite des écoliers.

1863 : Fermeture du Bureau icarien de Paris.

Décembre 1863 : François Barrier lance un Appel aux phalanstériens, afin de rassembler et remobiliser les membres de l’École sociétaire.

1864

Octobre 1864 : La Librairie sociétaire, renommée Librairie des sciences sociales, quitte la rue de Beaune pour la rue des Saints-Pères.

1864 : Fondation de l’Association internationale du Travail à Londres. Les fouriéristes Antoine Limousin et Antoine Bourdon en sont. Antoine Limousin devient le secrétaire-correspondant de la section parisienne.

1864 : Achat par Jouanne d’un terrain à Ry (Seine-Maritime) pour y édifier la Maison rurale d’expérimentation sociétaire

1865

13 janvier 1865 : Décès de Clarisse Vigoureux à San Antonio.

7 avril 1865 : Organisation d’un banquet phalanstérien célébrant l’anniversaire de la naissance de Fourier, manifestation qui renoue avec la tradition instaurée en 1838.

1865 : Décès de Proudhon.

1866

Mai 1866 : Constitution de la Société en commandite Noirot et Cie, qui exploite la Librairie des sciences sociales

1866 : A Guise, le comité de six membres est porté à dix membres.

1866 : Lorsque les opérations sont officiellement suspendues en 1857, François Santerre persiste dans son désir de rester à Reunion. A force d’ingéniosité, il parvient au cours des trente années suivantes à se constituer une exploitation prospère de 75 hectares, sur des terres acquises à bon compte. Avec sa nombreuse famille, il réalise un mini-phalanstère autarcique, qui réussit là où les projets grandioses de Considerant ont échoué. En 1866, il s’installe avec sa famille dans une grande maison construite sur les terres qu’il a reçues après la liquidation de la Colonie.

1867

Mars 1867 : Parution du premier numéro de La Science sociale, nouvel organe de l’École sociétaire.

2 juin 1867 : Au Familistère de Guise, premier essai de l’expérience de désignation des capacités par le suffrage, lors de la Fête du Travail instituée pour cette occasion. A l’occasion de la Fête du Travail, Godin met pour la première fois à la disposition du personnel tout entier une somme de deux mille francs dont ils doivent choisir les bénéficiaires en fonction des mérites manifestés et des services rendus au cours de l’exercice précédent.

1868

1868 : A Guise, à partir de 1868, les enfants du Familistère, organisé en « petites bandes » sous la conduite de chefs et de sous-chefs élus par leurs jeunes camarades, ont contribué bénévolement au nettoyage du Familistère, à la cueillette des fruits et à la culture des jardins.

31 mai 1868 : Au Familistère de Guise, deuxième essai de l’expérience de désignation des capacités par le suffrage. : A l’occasion de la Fête du Travail, Godin met pour la deuxième fois à la disposition du personnel tout entier une somme de deux mille francs dont ils doivent choisir les bénéficiaires en fonction des mérites manifestés et des services rendus au cours de l’exercice précédent.

1869

Printemps 1869 : Considerant, citoyen américain, est de retour à Paris.

31 mai 1869 : Au Familistère de Guise, troisième essai de l’expérience de désignation des capacités par le suffrage. : A l’occasion de la Fête du Travail, Godin met pour la troisième fois à la disposition du personnel tout entier une somme de deux mille francs dont ils doivent choisir les bénéficiaires en fonction des mérites manifestés et des services rendus au cours de l’exercice précédent. Dans le discours qu’il prononce ce jour, Godin annonce son intention d’inaugurer l’année suivante « un tout autre mode de répartition ».

Eté 1869 : Considerant s’installe avec son épouse au pied de la montagne Sainte-Geneviève, rue des Boulangers-Saint-Victor.

12 septembre 1869 : La Démocratie annonce le retour de Victor Considerant en France, qui a été amnistié cette même année. Il a jusqu’alors vécu à San Antonio, où il a ouvert un petit commerce avec son ami Cousin et cultivé ses terres. La même année, Cousin rentre en Belgique.

fin 1869 : De retour en France, Considerant et sa femme s’installent dans un petit logement rue Cardinal-Lemoine.
1869 : fondation de la Kansas Cooperative Farm (appelée aussi Silkville ou Prairie Home Colony), dans le Kansas.

1870

Janvier 1870 : Arrivée d’un jeune rédacteur, Valère Faneau, à la tête de La Science sociale.

31 janvier-mai 1870 : Au Familistère de Guise, cinq essais mensuels d’une nouvelle expérience de détermination des capacités par le suffrage : Godin annonce par voie d’affiche une nouvelle expérience. Le collège ne comprend plus que 75 électeurs, qui doivent répartir une certaine somme par suffrage. Cinq essais mensuels sont effectués, les votes ayant lieu entre mars et août 1870.

Février 1870 : A Guise, sept membres de l’entreprise déposent des mémoires proposant une méthode de répartition pour l’expérience annoncée par Godin. Deux solutions sont retenues : un vote collectif et un vote individuel. Après le premier essai, le vote individuel est abandonné.

1er avril 1870 : A Guise, la Caisse mutuelle de prévoyance de l’Usine, dont l’administration incombait au Comité de dix membres, se double d’une Caisse générale de prévoyance du Familistère, géré par un Comité de douze hommes et de douze femmes élus par la population familistérienne.

8 avril 1870 : Banquet phalanstérien à l’occasion du 98e anniversaire de la naissance de Fourier, à l’occasion duquel Considerant prend la parole devant deux cents convives.

5 juin 1870 : Au Familistère de Guise, quatrième essai de l’expérience de désignation des capacités par le suffrage : à la différence des trois années précédentes, le personnel ne distribue plus, par le suffrage, que des « mentions honorables ».

Juin 1870 : Parution de Solutions sociales de Jean-Baptiste Godin.

9 juillet 1870 : Mort de François Barrier.

Mi-juillet 1870 : à son retour de Belgique où il s’est entretenu avec les dirigeants socialistes belges, Considerant adhère à l’AIT, section des Gobelins (au moment de sa formation).

19 août 1870 : Dernier numéro de La Science sociale.

Août 1870 : A Guise, les dernières opérations électorales ont lieu dans le courant du mois d’août 1870. Au cours du deuxième semestre de 1870 et pendant toute l’année 1871, Godin renonce à l’utilisation du suffrage dans la rétribution du travail, et consacre ses efforts au perfectionnement de méthodes de vérification automatique du travail, que Marie Godin nomme « l’enregistrement mathématique des valeurs de fonction ».

19 septembre 1870 : Considerant lit un appel à l’Hôtel de Ville, dans lequel il expose ses vues. Ce texte est publié ultérieurement sous le titre La France imposant la Paix à l’Europe.

Septembre 1870 : Au Familistère de Guise, Godin renonce pour un temps aux expériences de détermination des capacités par le suffrage, pour privilégier la recherche d’une mode d’« enregistrement mathématique des valeurs de fonction ». Godin délègue une partie de ses pouvoirs à un conseil de cinq chefs de service, qu’il charge de rechercher « les mérites qui se distingueront au Familistère et dans l’Usine », en vue de les admettre à participer aux bénéfices. Ce conseil est chargé d’une partie de la gestion des affaires du Familistère et de l’Usine, et en particulier de suppléer Godin pendant les séances de l’Assemblée.

Septembre 1870 : Début de la parution d’un bulletin publié par Jouanne, depuis Ry ; ce bulletin, École sociétaire - Maison rurale d’enfants à Ry (Seine-Inférieure), prétend se substituer à La Science sociale, disparue en août 1870 ; mais il vise surtout à rassembler les fouriéristes autour de la Maison rurale d’expérimentation sociétaire. Sa parution, d’abord mensuelle, devient rapidement bimestrielle, puis trimestrielle. A partir de 1872, son titre devient Maison rurale d’enfants à Ry (Seine-Inférieure) - Bulletin mensuel [puis trimestriel] ; pendant une partie de l’année 1875 et en 1876, il s’intitule L’Education nouvelle par le libre essor des facultés - Bulletin trimestriel de la Maison rurale d’expérimentation sociétaire fondée à Ry [...].

Octobre 1870 : Considerant publie un recueil d’articles, Prédictions sur la guerre, rédigés en juillet et en août.

12 octobre 1870 : Considerant écrit à Bismarck, en tant que citoyen américain, pour lui demander de lui faire connaître les conditions de la paix. Il commence sa lettre par cette formule : « Nous pouvons à nous deux tout finir ».

1870 : Formation du Cercle parisien des familles, à l’initiative principalement de Césarine Mignerot et de Valère Faneau.

1871

8 février 1871 : Godin est élu député à l’Assemblée nationale.

18 mars 1871 : insurrection parisienne. La Commune est proclamée le 28.

16 avril 1871 : Considerant accepte de figurer sur une liste pour des élections partielles dans le Ier arrondissement.

20 avril 1871 : Considerant publie dans La Nation « La paix en 24 heures dictée par Paris à Versailles », dans laquelle il affirme clairement sa solidarité avec la Commune de Paris.

20 avril 1871 : Considerant adresse une lettre à la Commune pour protester contre sa décision de démolir la colonne Vendôme.

28 avril 1871 : Considerant prononce un discours devant la Ligue d’Union républicaine des Droits de Paris. C’est sa dernière apparition publique durant la Commune.

15 mai 1871 : Victime d’une paralysie faciale, Considerant doit garder la chambre durant vingt jours.

5 juillet 1871 : A Guise, Godin charge le Conseil créé en septembre 1870 de réfléchir à un mode de répartition des bénéfices de l’usine.

Juillet 1871 : Considerant prend courageusement la défense du communard Courbet en écrivant au juge d’instruction. Il témoigne également en faveur de Bestetti, l’ancien secretaire de la section des Gobelins de l’AIT devant les conseils de guerre.

Mi-septembre 1871 : Victor et Julie Considerant quittent Paris à destination de la Franche-Comté (ils font étape à Besançon) et de la Suisse.

20 septembre 1871 : A Guise, création du Livre d’honneur des collaborateurs de l’Usine, où seraient inscrits « les actes exceptionnellement méritants des employés et des ouvriers dans l’organisation de l’usine ». Les inscriptions ne tardent pas à affluer.

6 novembre 1871 : A Guise, la création du Livre d’honneur est rendue officielle, par voie d’affichage dans les ateliers.

2 décembre 1871 : A Guise, Godin institue six comités « chargés de préparer les décisions à prendre et de faire exécuter les décisions prises ». Quinze chefs de service et travailleurs en font partie.

1871 : Création par Jouanne d’une « société commanditaire de fondation » pour financer la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime). Cette société est complétée en 1874 par une « Société civile de coopération », ainsi que par diverses souscriptions lancées en 1873 (« souscription d’honneur ») et 1876 (« souscription conditionnelle »).

1872

26 févier 1872 : A Guise, création des primes de travail, récompensant les ouvriers qui produisent le plus.

28 février 1872 : Godin reprend aussi les essais de mise en lumière des mérites par le suffrage. L’incohérence des résultats conduit Godin à annuler le scrutin.

Mars 1872 : A Guise, les employés des ateliers et des bureaux constitués en sept groupes se répartissent la somme formée par le total des appointements alloués à chacun des membres du groupe.

25-27 avril 1872 : Congrès phalanstérien et célébration de l’anniversaire de la naissance de Fourier, à Paris.

30 mai 1872 : A Guise, une proposition est faite au Conseil de direction, pour une répartition en fonction du travail des employés de la masse des appointements calculés en proportion du chiffre d’affaires. Mais la disparition, déjà prévisible à cette date, de ce Conseil paralysé par des conflits internes, entraîne celle de ce projet.

18 juin 1872 : A Guise, nouvel essai de détermination des mérites par le suffrage : les groupes attribuent cette fois une note de 0 à 20.

23 juin 1872 : A Guise, lors de la Fête du Travail, dernier essai recourant au suffrage universel, suivant une méthode similaire à celle utilisée pour l’essai du 5 juin 1870.

27 juin 1872 : A Guise, le vote du groupe du Conseil de direction de l’usine lors de l’essai du 18 juin 1872 révèle en son sein l’existence de deux factions rivales. Godin dissout donc ce Conseil, qu’il avait institué en septembre 1870.

26 septembre 1872 : A Guise, le Comité des réclamations, comité d’ouvriers choisis par leurs camarades « pour les représenter dans les questions de travail et de règlements d’ateliers », et celui qui administrait la Caisse de prévoyance de l’Usine, se fondent en un Comité unique de vingt membres qui réunit dans ses attributions tout ce qui concerne la mutualité et l’organisation du travail.
Décembre 1872 : Début de la parution du Bulletin du mouvement social

1873

Mars 1873 : Fermeture du Cercle parisien des familles.
17 avril 1873 : A Guise, un appel à candidatures est lancé pour l’attribution de récompenses aux innovations et inventions.

1er juin 1873 : A Guise, Fête du Travail au cours de laquelle sont distribuées les récompenses dont la création avait été annoncée le 17 avril.

1873 : Le conseil d’administration de l’Union agricole d’Afrique (Saint-Denis-du-Sig, Algérie) annonce son intention de remettre le domaine dans la voie fouriériste et d’y fonder « une grande et riche exploitation sociétaire, agricole et industrielle ».

1875

1875 : Dissolution de la Société de colonisation, et mise en vente de ses avoirs. La plus grande partie des terres est rachetée par Cantagrel au prix du marché.

1875 : Plusieurs fouriéristes sont élus à la Chambre des députés : Adrian, Cantagrel, Couturier, Dethou, Gagneur, Poujade.

1876

31 janvier 1876 : Godin fait connaître à ses électeurs sa résolution de renoncer au siège qu’il occupe au Parlement.

1876 : Parution d’un Bulletin des moniteurs, rédigé par les élèves de la Maison rurale d’expérimentation sociétaire, à Ry (Seine-Inférieure).

1877

11 mars 1877 : Fin du procès en séparation de biens qui opposait Godin et sa première femme.

29 mars 1877 : A Guise, reprise des conférences hebdomadaires de Godin, suivies par un très faible nombre d’auditeurs.

Mai 1877 : A Guise, création des titres d’épargne provisoire.

1878

Juillet 1878 : A Guise, distribution des titres d’épargne créés en mai 1877.

1878 : la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime), fondée par Jouanne, accueille une cinquantaine d’élèves.

1879

Décembre 1879 : Fin de la parution du Bulletin du mouvement social.

1880

Février 1880 : Début de la parution de la Revue du mouvement social, publiée par Charles Limousin.

15 juin 1880 : Arrêté autorisant la création d’une Société de patronage des Orphelins de la Seine, qui, dans les années suivantes, place des enfants à la Maison rurale.

13 août 1880 : Établissement du pacte social de l’Association du Familistère de Guise : Naissance légale de l’Association. A cette occasion, le Comité dont la création avait été décidée le 26 septembre 1872 est remplacé par un Comité de dix-huit membres, dont neuf élus au Familistère parmi les associés et les sociétaires exclusivement, et neuf élus à l’usine par tous les travailleurs sans distinction.
1880 : Décès de George Ripley, le fondateur de Brook Farm.

1881

4 juin 1881 : Décès de Just Muiron.

9 avril 1881 : Décès de Julie Considerant. Considerant revient en Franche-Comté pour ensevelir ses cendres dans le tombeau de famille des Vigoureux, au cimetière des Chaprais. De Besançon, il décide d’aller voir sa sœur Justine, qui vit à Poligny.

1881 : Formation de la société des Orphelinats agricoles d’Algérie, présidée par Henri Couturier, et composée de nombreux fouriéristes. Cette œuvre philanthropique prévoit l’accueil en Algérie d’enfants orphelins d’Algérie ou de la métropole.

1883

1883 : La société des Orphelinats agricoles d’Algérie prend en location le domaine de l’Union agricole d’Afrique (Saint-Denis-du-Sig).

1884

1884 : Création dans les écoles du Familistère de Guise d’un « Petit conseil » d’écoliers élus par leurs camarades, chargé des punitions et des récompenses. D’une application difficile, cette institution disparaît en 1888.

1884 : Dissolution de la société anonyme détentrice de la Librairie des sciences sociales.

1885

Juillet 1885 : Publication dans la Revue du mouvement social, de l’appel lancé par plusieurs fouriéristes pour la création de la Ligue du progrès social, dont l’objectif est la réalisation d’une association sociétaire.

Vers 1885 : Fermeture de la Maison rurale de Ry (Seine-Maritime), fondée dans les années 1860 par Adolphe Jouanne (la date précise de la fermeture est incertaine : selon certaines sources, elle se situe en 1884, selon d’autres sources en 1886).

1886

8 avril 1886 : Conférence de Charles Gide, à Nîmes - « Les prophéties de Fourier ».

1886 : La Ligue du progrès social est organisée, sous la direction d’Hippolyte Destrem

1887

Janvier 1887 : Fin de la parution de la Revue du mouvement social, dirigée par Charles Limousin.

Avril 1887 : Dissolution de la Société lyonnaise de capitalisation, fondée en 1857 par François Barrier.

1887 : Création de la Revue d’économie politique.

1888

29 janvier 1888 : Décès de Jean-Baptiste Godin, le fondateur du Familistère de Guise.

Mars 1888 : Parution du premier numéro de La Rénovation. Organe de la conciliation sociale et des doctrines d’association, périodique publié par la Ligue du progrès social, et rédigé en grande partie rédigé par Destrem.

1888 : Fin de l’expérience du « Petit conseil » au sein des écoles du Familistère de Guise.

1890

1890 : Décès de Paul Vigoureux à Montarlot.

1892

1892 : Les orphelins confiés par le Conseil général d’Oran à la Société des Orphelinats agricoles, qui les accueille au domaine de l’Union agricole d’Afrique, sont retirés de l’établissement. La Société des Orphelinats agricoles est dissoute. Les bâtiments et les terres sont repris par le l’Union agricole.

1893

27 décembre 1893 : Considerant meurt d’une congestion pulmonaire, à l’âge de 85 ans.

1894

29 juin 1894 : Décès d’Hippolyte Destrem, principal animateur de la Ligue du progrès social et directeur de La Rénovation. Il est remplacé par Adolphe Alhaiza à la tête du groupe et du périodique.

1895

15 septembre 1895 : Décès de Jouanne, le fondateur de la Maison rurale.

1895 : Certains membres (dont Étienne Barat et Jenny Fumet) s’opposent à Alhaiza au sein du groupe de La Rénovation. Ils fonder un second groupe, l’Union phalanstérienne, favorable à la réalisation sociétaire.

1897

1897 : Création de l’École Sociétaire Expérimentale, très proche de l’Union phalanstérienne. Les membres de l’une sont généralement aussi membres de l’autre.

Mars 1897 : Publication par l’Union phalanstérienne et l’École Sociétaire Expérimentale du premier numéro de Le Sociétaire. Organe de la science de l’association et du socialisme expérimental. Le numéro 2 (qui est le dernier) paraît en juillet de la même année.

21 novembre 1897 : Début de la parution du Messager provençal, hebdomadaire marseillais publié par le phalanstérien Leydet.

1898

Août 1898 : Parution, jusqu’en juin 1899, des Annales sociétaires. Organe de la Société de l’Union phalanstérienne.

9 décembre 1898 : Décès de Virginie Griess-Traut, qui lègue une partie de ses biens au profit de la propagande et de la réalisation phalanstériennes (les bénéficiaires sont La Rénovation et une organisation coopérative).

1898 : Prise de position antidreyfusarde d’Alhaiza dans La Rénovation.

1899

4 juin 1899 : Inauguration de la statue de Fourier.

1899 : Place croissante occupée par des articles antisémites, xénophobes, nationalistes, dans La Rénovation.

1900

1900 : Parution en feuilleton de Travail, de Zola, roman qui décrit la transformation d’une ville industrielle en cité harmonieuse ; l’influence fouriériste n’y est pas exclusive d’autres influences socialistes, mais elle y est prédominante.

1901

1901 : Parution de Travail en librairie. Une première fête est organisée en l’honneur de Zola par des socialistes (avec une conférence de Jaurès) ; une seconde est organisée le 15 juin par des fouriéristes de l’Union phalanstérienne et les coopérateurs de L’Association ouvrière.

1903

1903 : Création d’une colonie sociétaire par des membres de l’École Sociétaire Expérimentale, qui s’installent dans un château au Vaumain (Oise). La colonie existe toujours en avril 1904 ; mais au banquet d’avril 1905, un orateur signale qu’elle a disparu depuis quelque temps.
Novembre 1903 : parution du premier (et vraisemblablement unique) numéro du Bulletin périodique de l’Association agricole-industrielle du Vaumain.

1904

1904 : Rupture entre Alhaiza (et La Rénovation) et les milieux coopérateurs, qui dénoncent l’antisémitisme et le nationalisme du premier.

1909

1909 : Départ à Tahiti de plusieurs membres de l’École Sociétaire Expérimentale, afin d’y réaliser un essai phalanstérien.

1914

1er janvier 1914 : Dissolution de la Société agricole et industrielle de Beauregard (Vienne, Isère).

1918

1916 : Modification des statuts de l’Union agricole d’Afrique (Saint-Denis-du-Sig, Algérie), afin de supprimer les mesures prévoyant la participation des salariés aux bénéfices.

1918

1918 : Décès de Clarisse Coignet.

1922

Mai 1922 : Parution du dernier numéro de La Rénovation, dernier organe de l’École sociétaire.

2 juillet 1922 : Décès d’Adolphe Alhaiza.

1926

1926 : Création d’une société des Amis de Fourier, animée par Maurice Lansac, avec Charles Gide à la présidence d’honneur.

1928

1928-1930 : Tentative de reconstitution d’une École Sociétaire Expérimentale (E.S.E.).

1930

7 avril 1930 : Banquet phalanstérien qui constitue la dernière manifestation connue de l’E.S.E.

1932

1932 : Organisation de fêtes à la colonie de Condé pour le centième anniversaire de la première expérience fouriériste

1933

8 janvier 1933 : Mort de Louis Guébin, disciple de Fourier, militant de l’éducation populaire, membre de mouvements pacifistes. Dernier fouriériste à siéger au conseil d’administration de l’Union agricole d’Afrique. Colon à Condé-sur-Vesgre.





Pour citer ce document

« Fourier, les fouriéristes et leur temps - Une chronologie  » , charlesfourier.fr , rubrique « Chronologies » , septembre 2004, en ligne : http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article231 (consulté le 26 septembre 2017).



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