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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Leboiteux, René Charles
Article mis en ligne le 1er mars 2025
dernière modification le 1er février 2025

par Desmars, Bernard

Né le 15 avril 1811 à Vasles (Deux-Sèvres), décédé le 28 juin 1893 à Poitiers (Vienne). Officier d’artillerie. Fouriériste à Lyon au début des années 1840, abonné au Bulletin du mouvement social et souscripteur de la Librairie des sciences sociales dans les années 1870 et au début des années 1880.

René Charles Leboiteux est le fils d’un propriétaire, maire de Vasle et membre du conseil général des Deux-Sèvres pendant la monarchie de Juillet [1]. Il est le cousin de Pierre-Henri Catineau également disciple de Fourier [2].

Une carrière militaire

Il entre à l’École polytechnique en 1831, puis rejoint l’École d’artillerie à Metz en 1833, en tant que sous-lieutenant ; il est promu lieutenant en 1836, capitaine en 1841. Alors qu’il est en garnison à Lyon, il fait partie du groupe fouriériste local ; quand il est muté à Valenciennes en 1841, Aimée Beuque regrette ce départ, tout en ayant « l’espoir d’un groupe de propagation de plus » avec son installation dans le Nord [3].

Il est nommé à la manufacture d’armes de Châtellerault en 1843 ; il se marie l’année suivante avec Marie Estelle Meslin, fille d’un négociant de cette ville. Après un bref séjour à la fonderie de Toulouse en 1845, il revient à Châtellerault puis est muté en 1849 à la manufacture d’armes de Tulle (Corrèze) où il occupe le poste de sous-directeur. Il reçoit en 1855 la Légion d’honneur, passe brièvement dans l’État-major de l’artillerie, puis après un nouveau passage à Tulle, rejoint Châtellerault où il est sous-directeur de la manufacture d’armes. Il est nommé chef d’escadron en 1860, quelques mois avant de partir en retraite [4]. Il figure sur un répertoire d’adresses de l’École sociétaire élaboré sous le Second Empire ; mais on n’a pas d’informations sur les formes de son engagement fouriériste pendant cette période.

Conseiller général conservateur et disciple de Fourier

La famille Leboiteux reste d’abord à Châtellerault, dans le département de la Vienne. Cependant René Charles Leboiteux, se prévalant de son statut de propriétaire à Vasle – le lieu de sa naissance – est candidat au conseil général des Deux-Sèvres en 1864, dans le canton de Ménigoute. Il y est élu au second tour contre le candidat républicain, en bénéficiant du retrait du candidat officiel [5]. Il est réélu dès le premier tour en octobre 1871 [6]. Demeurant ensuite à Poitiers [7], il se représente encore dans les Deux-Sèvres lors des élections cantonales de novembre 1877 ; il est qualifié de candidat de « droite » [8] ou « réactionnaire » [9] ; il est battu par le candidat républicain [10].

Il est abonné au Bulletin du mouvement social, l’organe fouriériste qui paraît à partir de décembre 1872 [11]. Il soutient également la Librairie des sciences sociales, qui, vers 1880, est confrontée à d’importantes difficultés financières. Son conseil d’administration, dirigé par Charles Pellarin lance un appel demandant aux sympathisants fouriéristes de s’engager à verser une somme d’argent pendant trois ans ; Leboiteux promet d’apporter annuellement 50 francs afin d’assurer la survie de la Librairie [12]. Il demande simultanément que le mouvement fouriériste s’abstienne de tout engagement politique, car, selon lui, c’est cet engagement qui a provoqué la dispersion de ses membres [13]. Il envoie effectivement en mars 1881 la somme de 50 francs, qu’il accompagne des mots suivants :

je fais des vœux bien sincères pour la réussite de la nouvelle campagne que vous entreprenez courageusement en faveur de la propagation des idées de notre grand maître, propagation qui, je l’espère, saura rester toujours fermement débarrassée de toute pression politique [14].

Il n’envoie rien en 1882, mais adresse 50 francs en 1883 [15]. Il n’apparaît pas parmi ceux qui participent à une nouvelle tentative de reconstitution d’une organisation fouriériste, le Ligue du progrès social fondée en 1885.