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Site internet de l’Association d’études fouriéristes et des Cahiers Charles Fourier

Potron, (Pierre) Gustave
Article mis en ligne le 12 février 2026

par Desmars, Bernard

Né le 4 mai 1841 à Paris (Seine), décédé le 2 décembre 1917 à Paris. Employé de la Ville de Paris. Disciple du socialiste Jean-Hippolyte Colins. Participe à des manifestations fouriéristes au début du XXe siècle.

Gustave Potron est le fils d’un contrôleur des services municipaux de la Ville de Paris. Lui-même est un employé de ces services quand il se marie avec Marie Mazel, institutrice. Il devient bientôt conducteur de travaux et finit sa carrière en 1898 comme conducteur principal [1].

Vers la fin des années 1890, il rejoint les partisans du « socialisme rationnel », les disciples de Jean Hippolyte Colins (1783-1859) [2] ; il fait partie d’une « nouvelle génération de socialistes rationnels » [3]. Son nom apparaît régulièrement à partir de 1899 dans les colonnes de la Revue du socialisme rationnel qui reproduit des articles qu’il a publiés dans divers organes, en particulier le Journal de Charleroi, La Régénération sociale, le Journal d’Asnières et de la banlieue ouest, L’Avenir de Pau, L’Estafette, La Petite République (de la Guadeloupe) ; ces articles paraissent dans la revue colinsienne dans la rubrique « Propagande du socialisme rationnel » et visent à diffuser les idées de Colins et de ses disciples, autour de thèmes comme le socialisme, la fraternité, la criminalité. Sa contribution à la rédaction du Réveil du Nord semble particulièrement importante : c’est souvent lui qui signe le « premier-Paris », c’est-à-dire l’article placé en tête de la « une » du journal, article donnant l’opinion du périodique sur une question précise, le plus souvent politique [4]. Il est aussi « l’ami et le collaborateur » du Progrès de Bergerac [5].

À côté de cette activité journalistique, Gustave Patron se consacre à des travaux littéraires [6].

La fréquentation de l’École sociétaire

Vers 1900, les disciples de Colins se prononcent en faveur de la nationalisation du sol, c’est-à-dire de la collectivisation de la terre par l’État. Ils nouent alors des liens avec les membres de l’École sociétaire conduite par Adolphe Alhaiza, elle-même très affaiblie après le départ des fouriéristes dissidents qui vont constituer l’École Sociétaire Expérimentale et l’Union phalanstérienne. Le 7 avril 1900, trois colinsiens dont Gustave Potron, participent au banquet fêtant l’anniversaire de la naissance de Fourier [7] ; le 30 mai suivant, les colinsiens organisent leur propre banquet auquel assistent les fouriéristes Adolphe Alhaiza, Charles-Mathieu Limousin et Germain Délias. Potron prononce « quelques mots aimables à l’adresse des phalanstériens » [8].

Puis une correspondance s’établit entre Alhaiza et Gustave Potron [9]. Les deux hommes y expriment quelques désaccords, mais se rassemblent sur la question de nationalisation du sol, même si certains fouriéristes considèrent que cela va à l’encontre du projet phalanstérien d’association volontaire.

Dans les années suivantes, Gustave Potron assiste à plusieurs reprises à la fête organisée chaque 7 avril, parfois avec sa femme [10] – elle meurt en 1912 [11]. Lors de l’anniversaire de 1911, il fait « entendre avec un talent de diction aussi juste que mesuré » une poésie intitulée Le Chemineau [12]. L’année suivante, il déclame deux autres poésies, Le Colporteur et La Grève [13].

Il publie aussi quelques articles dans La Rénovation, un périodique qui, sous la direction d’Alhaiza, a adopté une orientation antisémite et nationaliste. C’est aussi le sens des articles de G. Potron, « Juifs et francs-maçons » [14] et « La Haute banque » dans lequel il dénonce « les banquiers juifs qui sucent le sang [de la France] ainsi que le vampire suce le sang du voyageur endormi » [15].

Il est l’auteur d’un roman, Un homme de bien qui paraît en feuilleton dans l’Union des travailleurs de Philadelphie et qui décrit la vie d’un ouvrier, exploité par un industriel [16].